29 janvier 2012

Orgasme adulte échappé du zoo

D’après Dario Fo et Franca Rame, mise en scène de Barbara Gauvain, avec Aurélie Normandon et Hélène Rossignol.
Dans un petit théâtre original, confortable et archi-séduisant, une pièce d’un auteur plus que reconnu dont le titre vous a fait rugir ou seulement rigoler. Deux comédiennes aux énergies ravageuses et qui n’ont plus rien à prouver s’y donnent à fond, l’une après l’autre, dans quatre monologues trépidants. Le décor à transformations avec lumières épatantes est pourri d’astuces et l’ambiance est plus que déjantée. Selon Fo et sa co-auteure Rame il s’agit d’une urgente réhabilitation de ces femmes, mères, ménagères, et autres vraies-fausses petites Alice au pays de certaines merveilles en jupettes sexy qui ont (ou auraient) pleuré pendant deux mille ans. Menu déjà peu alléchant, mais pourquoi au moment de l’addition avons-nous eu  envie de partir sur la pointe des pieds en fixant le bout de nos chaussures. Où est le hic ?
Si vous avez envie de le savoir, soyez au Théâtre du Temps, 9 rue du Morvan un vendredi ou un samedi à 20h30 ou même un dimanche à 17heures. Réservations : 01 43 55 10 88.

20 janvier 2012

Phèdre

de Racine
Mise en scène : Ophélia Teillaud et Marc Zammit
Scène nue, pas de décor, aucun accessoire, seuls des carrés de lumières blanches rejoints par d’autres colorées avec trajectoires élaborées. Les actes se concluent par des bruits effroyables, apocalyptiques, à s’en boucher les oreilles. Mais on est au royaume des dieux d’un Olympe impitoyable. Des costumes simples d’une grande beauté (un brin nipponne) mettent en valeur les corps des quatre comédiennes. Tour à tout hiératiques et frénétiques, elles décrètent être hallucinées par des passions charnelles. On aimerait les croire. Le parti-pris de mise en scène mais d’abord la façon de nous dédier les vers de Racine choisie par Ophélia Teillaud et Marc Zammit est aussi rationnelle que redoutable: les voix et les mots claquent. Mais alors tendresse, émotion, et cette fragilité de nous autres qui sommes et voulons demeurer humains, Racine ne s’en serait-il donc jamais soucié ?
Théâtre Mouffetard, jusqu’au 25 février, du mercredi au vendredi à 20h30, samedi à 17 h et 21h, dimanche à 15h. Réservations : 01 43 31 11 99 et www.theatremouffetard.com

19 janvier 2012

Le premier

d’Israël Horovitz
Adaptation et traduction de Claude Roy, mise en scène de Léa Marie-Saint Germain, joué par
les comédiens de la Compagnie des Aléas.
Une ligne blanche genre large bande de scotch est collée à l’avant de la scène. Derrière, en diagonale, quatre jeunes gens et une jeune femme tentent de passer devant celui ou celle d’avant, sortes des chevaux libérés de leurs starting-blocks ou encore ces élèves zélés qui autrefois, lorsque le maître (ou la maîtresse) posait une question pour voir s’ils avaient « suivi », levaient frénétiquement le doigt et criaient « preum’s » !
Ces comédiens pharamineux jouent des caractériels, foutraques, sur un rythme endiablé - puisqu’il est probablement bon qu’un démon soit là. Léa Marie-Saint Germain et sa troupe ont une énergie divinement ravageuse. La dame en rouge et vert aux cheveux sagement enchignonnés et boucles d’oreilles distinguées, mais qui pourrait être aussi une… se fait refiler comme un ballon de volley par ces messieurs déchaînés. Mais la musique de Mozart est là, suave et divine puisque pour Horovitz lui seul est le premier.
La fin ? Ils sont maintenant alignés face à nous, la ligne blanche et plastique a été découpée en cinq morceaux, on ne vous dira surtout pas comment parce que c’est une performance plus que surréaliste. Eugène Ionesco revendiquait une certaine paternité d’Horovitz, mais pour nous ce serait tout aussi bien ‘inverse-réciproque’ et sans la moindre récupération.

Les Déchargeurs, les lundis à 21 h 15, jusqu’au 27 février. Réservations : 01 42 36 70 56 et lepolepresse@gmail.com

16 janvier 2012

Une scène, de Diastème

Avec Andréa Brusque et Julien Honoré,
mise en scène de l’auteur
Lui et Elle: comédiens charmants, beaux, touchants, et une scène : celle qu’ils se font, assis côte à côte sur des chaises face public et où trois fois gentiment l’un fera basculer et tomber l’autre au plancher. Parce que « l’amour est une aventure ». « Je ne veux pas de scène »… « Tu fais quoi demain matin ? »… « Ta mère, pourquoi je la connais pas ? ». « Je ne sais pas ce qu’est une vie normale ». Musique : ‘Je t’ai dans la peau’. « Les femmes sont prévisibles » et puis « mon cœur, mon amour, ma femme ». « Tu crois que je déteste les comédiens ? » Noir. Il y aura des tangos ravageurs et puis encore d’autres noirs. « Tu veux que je fasse des claquettes ? ». Tous deux tournent autour de la table centrale, mais elle, montée dessus : « Mon cœur est une forteresse impénétrable » et « Je préfère la déception au mensonge ».
«Tu m’as trompé combien de fois ? » Musique. La comédienne faisant mine de répéter son texte est devenue somnambulesque. Lui ressort des coulisses. Face à nous tous deux côte à côte sont accrochés à leurs portables. Sa réplique à lui : « Excusez-moi, elle est sortie ?». Devinez ce qu’elle demande de son côté ? Re-noir puis fin.
Ce spectacle aussi étrange que court percute.
Ciné 13 Théâtre, du mercredi au samedi à 19h.
Réservation : www.cine13-theatre.com/, 01 42 54 15 12

15 janvier 2012

Le Bourgeois Gentilhomme de Molière

Mise en scène de Marcel Maréchal
Non, le comédien principal n’a pas choisi d’être affublé d’un ptit-marcel, il s’est ensatiné dans un sous-vêtement rutilant sur lequel il a revêtu un manteau genre ‘de cour’ constellé de reproductions de cartes postales en noir et blanc avec photos de la Tour Eiffel et autres lieux pour touristes à la queue-leu-leu dans la capitale. Pari gagné ? Ce Maréchal nous voici a décidé que tout est clowneries, cirqueries, pirouetteries, avec parfaites turqueries au final. Pourquoi s’est-il entre-temps fait une tête de Kadhafi sous un bonnet idoine? L’équipe étonnante aux costumes chatoyants évolue en chaussures aux pointes rebiquantes. Stop ! Sifflet d’arbitre pour une fausse mi-temps : monsieur M-M a décidé de jouer les gardiens de but si-et-quand ça lui chante. Heureusement sa moitié est là : Madame Jourdain, Agnès Host, pieds sur terre et à la voix de stentor quand celle de son conjoint trémole. L’équipe des comédiens qui récupèrent tous plusieurs rôles avec accents du Périgord ou d’ailleurs est rapataplante. Mentions spéciales ? la Marquise dont notre bourgeois gâteux et amoureux, redevenu un bébé bouche plus que bée, est une p..ain surtout pas respectueuse dans un costume serré trop blanc et à la diction qu’une Dalida n’aurait pas reniée. L’homme le plus redoutable, son amant et son ‘coach’ est un quasi Karl Lagersfeld. Vous avez dit pantalonnade ?
Théâtre 14, jusqu’au 25 février, mardi, mercredi, jeudi à 19h, matinée samedi à 19h. Réservations : 01 45 45 49 77