02 mars 2004

Céline Caussimon

Théâtre Les Déchargeurs
Le titre de son spectacle : «Je marche au bord». A peine vous êtes-vous dit : «Au bord de quoi ?», et la voilà en scène. Qu’elle y marche élégamment !
Ne pas se laisser prendre à son allure de fille longiligne toute simple. Ce qu’elle côtoie en marchant ? La poésie des choses qui ne se sont pas produites, des rencontres qu’elle n’a pas faites, du moins, pas encore.
Elle demande : «comment vivre?» et on soupçonne qu’elle en a quelque idée. Elle se demande : «où vont les choses quand on les oublie ?» et on embarque dans son rêve. A-t-elle jamais vraiment été une « omelette qui s’est fait rouler» ?
Sa voix est ample, elle est cette comédienne qui nous confie la manière dont naissent ses chansons, ça sonne juste, de cette justesse inspirée, malicieuse qui la définit. Elle parle aux enfants, ceux des autres, puis à un homme à qui elle répète tendrement : « Mange, papa, mange… » On pense à son père Jean-Roger Caussimon, ses talents, sa hauteur de vue, la force des textes qu’il a chantés ou confiés à ses interprètes : Yves Montand, et ceux qui ont bercé vos années cinquante, soixante et la suite. «Le juste endroit où me tenir» est encore un de ses titres, mais Céline… sur scène, encore et encore, pour nous, pour vous. Laurent Desmurs l’accompagne au piano, Slavik Bériaguine, à la basse, et Viviane Arnoux, alternativement à la clarinette ou l’accordéon.