01 mars 2004

La Reine de Césarée de Robert Brasillach

Au Théâtre du Nord-Ouest
Le Titus de Racine renvoie Bérénice chez elle pour raisons d’état. Corneille laisse à la souveraine la décision de s’effacer. Brasillach amoureux de sa Reine lui ménage une rencontre encore avec l’empereur. Ils se sont aimés pendant une guerre d’asservissement total. Le rêve du jeune Romain ressemblait alors au «mot nacré, ce mot du fond des mers : le bonheur». Ecartelée entre nostalgie et espoir elle s’obstine : «Je veux rester, c’est tout». Ils passeront une nuit ensemble et elle se résignera à partir. «Tout nous sépare, nous-mêmes, Rome et nos races».
Les confidents, Paulin et Phénice sont les commentateurs juvéniles de la tragédie dont Anthiochus patelin et grave est un «fonctionnaire» tout dévoué à la reine.
La scène où Titus et Bérénice se redisent tout n’est que tendresse et retenue, les comédiens émeuvent. La langue exploratoire, vigoureuse, poétique de Brasillach fait entendre le cri du cœur, celui de la chair et celui de l’âme.