20 octobre 2004

Les Bonimenteurs

Jean-Marc Michelangeli et Didier Landucci
Au Théatre de Dix Heures

Dans le hall on vous demande d’écrire sur un post-it une bribe de phrase, point de départ d’improvisation pour les deux compères. Plus qu’astucieux, ils ont en réserve des sketches impeccablement écrits, rôdés qu’ils y grefferont et tricoteront avec vos suggestions. Vous n’y verrez que du feu, s’il n’était l’étincelle dans leurs yeux quand ils se déclenchent au quart de tour. La scène est un ring sans cordes, avec des chaises et des serviettes. On s’épongerait entre les rounds. Airs italiens roucoulants des années soixante-dix , c’est parti pour une demi-douzaine d’épisodes. Ca ne s’arrêtera que quand la scène et la salle seront K.O. De bonheur.
Jean-Marc Michelangeli s’est inventé un personnage de bon garçon, mais un brin grande gueule, genre Monsieur Loyal, qui se la joue. Ca ne se passera pas plus bas que la ceinture, prévient-il, ça volera plutôt au-dessus des têtes, là où ça élucubre. Ca le fera, au trot enlevé, comme dans la glorieuse commedia dell’arte, dont l’impro est la petite fille.
Didier Landucci, acolyte hurluberlu et gaffeur bredouille mais s’écrase quand le grand a parlé. Hourrah ! voilà que le rapport s’inverse. Suspense et délectation.
Jongleries verbales façon exercices de style, l’amour du langage et des vraies situations de théâtre, aucune des trivialités d’un certain café-théâtre. Un binôme bondissant qui mouille la chemise pour nous offrir ce spectacle fignolé au goût de fou-rires et de Dom Pérignon.