02 novembre 2004

La biscotte d’Antoine Beauville

avec Antoine Beauville et Larra Mendy
à la Comédie République

Soit un quidam moyennement fan de café-théâtre et plutôt méfiant. Malgré ou à cause des compte-rendus élogieux de la Biscotte lus dans la presse il redoute une farce avec pitreries colmatant un texte-prétexte joyeusement indigent. Pinailleur, bougon, il serait une version soft de François Coulon, l’affreux célibataire en charentaises de la pièce. A cinquante ans celui-ci est installé dans un confort minable fait de mesquinerie et de tricheries. Faux-cul, il a un mépris apparent pour son entourage (excepté sa Maman et son ami Xavier, et encore).
Le but de la comédie classique était de montrer comment on corrige les individus en les amenant à admettre leurs travers. L’auteur, Antoine Beauville, est un homme de théâtre dans la bonne tradition qui applique la recette. Avec un humour à la Coluche ou à la Jean Yanne et un aplomb infernal, il «est» François et mouille la chemise.
Les cabrioles, gags, clins d’œil et bons mots masquent une réflexion juste voire douce-amère.
Sa rédemptrice, prénommée « Elle », a des abords d’ange gardien un brin péremptoire.
C’est Larra Mendy, lisse mais à l’envers voluptueux. Elle amendera François sur un mode burlesque et effectuera une mutation décoiffante à la fin, laquelle est habilement amenée.
Un feu d’artifice, une mise en scène pétaradante pour fable ou conte moral salubre. Deux comédiens ébouriffants. Un cocktail de remèdes pour votre bougon-pinailleur.