02 novembre 2004

La cantatrice chauve d’Eugène Ionesco

au Théatre des Déchargeurs
Mise en scène d’Arnaud Denis
L’anti-miracle, c’est qu’à la création, en 1950 on ne se soit pas rendu compte que c’était l’œuvre d’un génie, on avait eu Molière, Shakespeare, alors… forcément, c’est une anti-pièce.
On y a vu un défouloir pour post-ados que l’école selon Jules Ferry et l’université dans la foulée avaient horripilés, un exercice de style, un sous-produit du surréalisme. On a ri mais la cruauté du propos nous est un peu passée sous le nez. Voilà qu’elle revient en force grâce à Arnaud Denis et ses comédiens, la plupart formés par Jean-Laurent Cochet, maître en pirouettes masquant des blessures peu ou prou refermées.
On est dans l’indicible double scène de ménage brillamment larvée, soit les Martin versus les Smith ou les Smith contre les Martin. Capitaine des pompiers et Mary la bonne, inclus.
Ca «vanne» à tout va, mais avec l’amour des mots pesés, parfaitement employés, passionnément aimés, à l’inverse de ce qui pollue ces pièces improvisées, non-écrites, d’un début de saison 2004-2005 qui font rire mais d’un rire gras.