02 mars 2004

La Reine de Césarée de Robert Brasillach

Au Théâtre du Nord-Ouest
Le Titus de Racine renvoie Bérénice chez elle pour raisons d’état. Corneille laisse à la souveraine la décision de s’effacer. Brasillach amoureux de sa Reine lui ménage une rencontre encore avec l’empereur. Ils se sont aimés pendant une guerre d’asservissement total. Le rêve du jeune Romain ressemblait alors au «mot nacré, ce mot du fond des mers : le bonheur». Ecartelée entre nostalgie et espoir elle s’obstine : «Je veux rester, c’est tout». Ils passeront une nuit ensemble et elle se résignera à partir. «Tout nous sépare, nous-mêmes, Rome et nos races». Les confidents: Paulin et Phénice sont les commentateurs juvéniles de la tragédie dont Anthiochus patelin et grave est un «fonctionnaire» tout dévoué à la reine.
La scène où Titus et Bérénice se redisent tout n’est que tendresse et retenue, les comédiens émeuvent.
La langue exploratoire, vigoureuse, poétique de Brasillach fait entendre le cri du cœur, celui de la chair et celui de l’âme.

Céline Caussimon

Théâtre Les Déchargeurs
Le titre de son spectacle : «Je marche au bord». A peine vous êtes-vous dit : «Au bord de quoi ?», et la voilà en scène. Qu’elle y marche élégamment !
Ne pas se laisser prendre à son allure de fille longiligne toute simple. Ce qu’elle côtoie en marchant ? La poésie des choses qui ne se sont pas produites, des rencontres qu’elle n’a pas faites, du moins, pas encore.
Elle demande : «comment vivre?» et on soupçonne qu’elle en a quelque idée. Elle se demande : «où vont les choses quand on les oublie ?» et on embarque dans son rêve. A-t-elle jamais vraiment été une « omelette qui s’est fait rouler» ?
Sa voix est ample, elle est cette comédienne qui nous confie la manière dont naissent ses chansons, ça sonne juste, de cette justesse inspirée, malicieuse qui la définit. Elle parle aux enfants, ceux des autres, puis à un homme à qui elle répète tendrement : « Mange, papa, mange… » On pense à son père Jean-Roger Caussimon, ses talents, sa hauteur de vue, la force des textes qu’il a chantés ou confiés à ses interprètes : Yves Montand, et ceux qui ont bercé vos années cinquante, soixante et la suite. «Le juste endroit où me tenir» est encore un de ses titres, mais Céline… sur scène, encore et encore, pour nous, pour vous. Laurent Desmurs l’accompagne au piano, Slavik Bériaguine, à la basse, et Viviane Arnoux, alternativement à la clarinette ou l’accordéon.

01 mars 2004

La Reine de Césarée de Robert Brasillach

Au Théâtre du Nord-Ouest
Le Titus de Racine renvoie Bérénice chez elle pour raisons d’état. Corneille laisse à la souveraine la décision de s’effacer. Brasillach amoureux de sa Reine lui ménage une rencontre encore avec l’empereur. Ils se sont aimés pendant une guerre d’asservissement total. Le rêve du jeune Romain ressemblait alors au «mot nacré, ce mot du fond des mers : le bonheur». Ecartelée entre nostalgie et espoir elle s’obstine : «Je veux rester, c’est tout». Ils passeront une nuit ensemble et elle se résignera à partir. «Tout nous sépare, nous-mêmes, Rome et nos races».
Les confidents, Paulin et Phénice sont les commentateurs juvéniles de la tragédie dont Anthiochus patelin et grave est un «fonctionnaire» tout dévoué à la reine.
La scène où Titus et Bérénice se redisent tout n’est que tendresse et retenue, les comédiens émeuvent. La langue exploratoire, vigoureuse, poétique de Brasillach fait entendre le cri du cœur, celui de la chair et celui de l’âme.