22 décembre 2004

La Cheminée de Margarit Minkov (1947-1997)

mise en scène de Pierre Vincent, avec Pascale Poirel et Didier Sipié
au Théâtre du Proscenium.


La Cheminée date de 1990, période charnière pour la Bulgarie natale du dramaturge.
Un intérieur à peine meublé, un canapé, le manteau d’une cheminée béante. Ce qui semblerait l’ébauche d’une scène de jeune ménage entre Iris et Henri, est en fait une tentative de s’entre-expliquer comment le régime - totalitaire, mais on songe à d’autres tentatives de lavage d’esprit - les fait douter de la réalité et de la finalité de leurs existences. Ils dénonceront et déjoueront pièges et absurdités en se réconfortant quasi fraternellement.
Elle, pleine de bonne volonté, s’accroche au bon sens, lui récapitule la situation, puis son imagination s’emballe, la salle s’étouffe de rire. Un début d’exorcisme a eu lieu. La fin est aussi onirique que poétique. Les comédiens sont drôles et touchants dans des rôles exigeants, la mise en scène et la scénographie ingénieuses. La pièce n’est ni anodine ni innocente.
Le Proscenium a misé sur un véritable auteur, de préférence à certains invertébrés contemporains, complaisants et chaotiques, joués ces temps-ci dans les ‘grands’ théâtres.
Reprise à Avignon, festival off en juillet 2005