17 février 2005

Amadeus de Peter Shaffer

Mise en scène de Stéphane Hillel,
avec Jean Piat, Lorant Deutsch, Marie Julie Baup, Gérard Caillaud
Théâtre de Paris
«Une utilisation du mouvement pour mettre en valeur les idées- sans quoi il n’y aurait pas de théâtre ; le désir de captiver un vaste public - sans quoi il n’y a pas de théâtre non plus - et un goût profond pour l’illusion». Telle est selon son auteur la formule de la pièce.
Saliéri, aîné de Mozart de six ans, et qui eut pour élèves Beethoven, Schubert, Liszt, septuagénaire devenu amer confesse «la guerre qu’il a livrée à Dieu, par l’intermédiaire de son bien-aimé Mozart, nommé aussi Amadeus». Il a tout fait pour tenter de briser la carrière du génie, suborner sa femme, le déconsidérer aux yeux de l’empereur d’Autriche et de son entourage, et le laisser finir dans la misère. Il a été jusqu’à laisser répandre le bruit qu’il l’avait empoisonné, pour que son nom passe à la postérité plus sûrement que comme celui d’un simple compositeur de la Cour. Sa dernière réplique est «Médiocres du monde entier, maintenant et à venir, je vous absous ! Amen !»
Entre temps la comédie insolente, bouleversante aussi, a eu son cours dans des décors recherchés, à transformations rapides, avec une distribution nombreuse et homogène d’où émerge Lorant Deutsch, Mozart ludionesque, animé d’une vraie flamme, face à un Jean Piat plus avantageux que nécessaire. La pièce est divertissante et métaphysique à la fois. Elle remplit la salle depuis qu’elle est à l’affiche au Théâtre de Paris.
Du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h30. Tel. 01 48 74 25 37