27 février 2005

La jeune fille et la mort, d’Ariel Dorfman

Mise en scène Gérard Malabat
avec Mireille Coffant, Pascal Germain et Vincent Violette
au Sudden Théatre
Une salle de séjour avec ventilateur en action, une terrasse séparée par une porte coulissante. Le bruit de la mer, celui d’un orage. L’épouse qui fumait nerveusement en attendant son mari pour dîner se lance dans une scène de ménage dès son arrivée. On ne s’attend pas à ce que la suite soit une méditation tumultueuse sur les ravages causés à long terme chez ceux qui, rebellés contre une dictature militaire, ont fait l’objet de représailles, emprisonnement, tortures et viols ordinaires ou raffinés. Nié et mutilé dans son être profond, que faire le jour où on croit rencontrer son ancien bourreau, sous les traits d’un père de famille sans états d’âme. Obtenir ses aveux d’abord et lui rendre coup pour coup voire pire ensuite ou l’inverse ? C’est ce que Paulina, la jeune femme hystérique, l’arme à la main, essaye de décider face au médecin, Miranda, son probable ex-tortionnaire, avec ou sans l’aide de son mari Gérardo devenu influent dans le nouveau régime.
Pour ce face à face haletant avec rebondissements et coup de théâtre final, qui a été distingué par des prix de la meilleure pièce, puis adapté pour le cinéma par Polanski, Gérard Malabat a su créer un climat de malaise en écho au mal être de ses personnages.
Contrepoint, titre et métaphore de la pièce, le quatuor de Schubert fait frissonner.