03 février 2005

La sortie au théatre de Karl Valentin

Mise en scène de Bernard Martin
Avec Nathalie Cario, Christian Leroy, Bernard Martin
Au Théatre d’Edgar


De Karl Valentin (1882-1948) surnommé «le clown métaphysique» par l’intelligentsia munichoise, Brecht disait qu’il était d’un «comique qui vous secoue perpétuellement d’un rire intérieur, lequel n’a rien de particulièrement débonnaire». Le texte de La Soirée au théâtre compte une quinzaine de pages, plus deux qui décrivent méticuleusement les meubles, rideaux, cadres, étagères, bibelots, napperons, etc. que l’auteur voulait voir encombrer la scène. Bernard Martin a respecté ses instructions, au couple d’ouvriers bien tranquilles, «prolos paumés», il a adjoint un musicien qui joue de sa contrebasse et tient le rôle de la voisine déboulant au moment où presque en retard ils se préparent à aller voir Faust, pour lequel la logeuse leur a fait cadeau de deux billets. Dépassés par l’événement mari et femme se débattent contre des objets hétéroclites : choucroute, boutons de col, parapluie, fer à friser les cheveux, sac à main, éventail, lacets, jumelles de théâtre, redoutablement peu coopératifs. Au dernier moment on a perdu les billets mais…coup de théâtre ! La fin est tordante. Sur un tempo effréné ça fourmille de répliques débridées dont la cocasserie échappe aux personnages qui les enchaînent.
Pour jouer Karl Valentin il faut éviter d’en rajouter, on donnerait dans une hystérie contre-performante, c’est le danger qui guette l’équipe du Théâtre d’Edgar.