10 mars 2005

Samoubitsa, de Nikolaï Erdmann

Texte français Michel Vinaver
Mise en scène Serge Lipszyc
avec 13 comédiens de la Compagnie du Matamore
au Théatre Mouffetard

Au chômage, las de vivre à ses crochets et de se disputer avec sa femme, Simon laisse entendre qu’il va se supprimer. Où, sinon dans la terne mais toujours surprenante voire invraisemblable Russie cela pourrait-il devenir, dans les années 1920, une preuve d’héroïsme un geste politique récupérable par ceux que le régime a déçus et malmène. Ses camarades, employés, bouchers, écrivains et autres voisins de l’appartement communautaire délabré le lui disent : «Vous allez vous immoler pour qu’éclate la vérité, votre mort sera le sujet de tous les débats de l’intelligentsia».
Les voilà embarqués à sa suite dans une aventure saugrenue, le propos sérieux et dérangeant de l’auteur nous vaut un conte moral en forme de farce. Pitreries, orgies de vodka, répliques où l’absurde confine forcément au sublime. Simon hésite jusqu’au bout, soit suspense et pirouette finale.
Serge Lipszyc monte la pièce avec chants, danses et décors qu’on escamote. Il fait se croiser, se rejoindre et pirouetter des femmes pétulantes, des hommes sentencieux, burlesques à l’excès. Treize comédiens pour 22 rôles. Item un pope plutôt salace. C’est désarmant et vengeur.