06 avril 2005

La Tour Effel qui tue, de Guillaume Hanoteau

Mis en musique par Georges Van Parys, couplets de Jean Marsan
par La Compagnie des l'Aube
Mise en scène et scénographie : Philippe Carle-Empereur et David Margonstern
Au Théatre du Renard

Six comédiens et quatre comédiennes, jouent vingt-sept rôles. Le pianiste les escorte avec bonhomie. Sur une scène au décor minimal des personnages biscornus, grandiloquents, vrais ou faux naïfs, répliques de ceux qui peuplaient les lieux chauds de la capitale à la fin du 19éme siècle. Soit vos gouapes, fleurs du pavé, demi-mondaines et vieux beaux éméchés, le microcosme courtisé par les humoristes d’alors et ressuscité par l’auteur façon canular.
Guillaume Hanoteau y a adjoint les néo-monstres baroques qu’il aime. Ce spectacle est du vrai théâtre avec ses ressorts, ses ficelles et ses lanternes magiques. Et les chansons joliment poussées par tous. Des effets stroboscopiques, autres ajouts et péripéties visuelles sont dus au metteur en scène qui a souhaité actualiser un monument de cocasserie historique.
Donc, la Tour a été considérée dès sa naissance comme une hérésie esthétique, selon la caste omnipotente des polytechniciens qui sont trois sur scène, diversement formatés, bicornes inclus : ils soutiennent que «Mathématiquement, la Tour n’existe pas !!!» C’est un anti-talisman. Sa représentation même miniaturisée porte la poisse, d’où les crimes et meurtres mystérieux qui sidèrent les contemporains.
Soit aussi un poète : Christophe, sa muse : Marie-Nuage Eiffel , fille de... Voilà pour l’ épisode fleur-bleue. Le manège se remet à tourner, ça swingue, ça pivote, ça re-chante, c’est généreux, ça fait rêver et hoqueter de rire.
Les comédiens se sont pris au jeu. Qu’importe «la terrible réalité» ultime de cette authentique farce.