10 avril 2005

La vie parisienne, de Jacques Offenbach

mise en scène Olivier Desbordes
direction musicale Dominique Trottein
coproduction Opéra Eclaté Midi Pyrenées
au Théatre Silvia Monfort

«Je suis Brésilien, j’ai de l’or et j’arrive de Rio d’Janeir’»,«Je veux m’en fourrer, fourrer jusque là» donc nos mascottes au rayon opérette. Orée de la Belle Epoque, un baron suédois débarque flanqué de sa femme, il brûle d’être initié à la vie du grand monde dans ce Paris au chic suprême : comprenez qu’émoustillé il brûle de s’y encanailler. Il sera la victime plus ébahie que grincheuse d’une supercherie élaborée par un duo de zigotos lesquels lui feront découvrir un Paris de faux ou vrais bottiers, de gantières, de demi-mondaines , déguisés ou pas, voyez amiraux suisses, vos veuves de colonels, avec en prime un Brésilien à l’accent interlope et une vamp avant la lettre Métella, qui n’est dupe de rien.
Les librettistes Meilhac et Halévy souhaitaient peut-être dénoncer les bourgeois d’alors ou de toujours, avides, cyniques, hypocrites, peu ragoûtants. Olivier Desbordes a opté pour un mode surréaliste. Hommes attifés en danseuses de cancan, et autre Lac des Cygnes relooké burlesque, cariatides mâles aux épaules mi-dénudées soutenant un décor prêt à vaciller entre des enfilades de gags.
On ne saisit pas toujours les paroles des airs confiés à des chanteurs et des chanteuses aux voix splendides, accompagnés par une dizaine de jeunes musiciens parfaits, peu importe. Quant aux adresses à la cantonade et autres minauderies, cela faisait partie du jeu à l’époque, n’est-ce pas ?