31 mai 2005

La traversée de la nuit, de Geneviève De Gaulle Anthonioz

Mise en scène : Cesare Capitani Jeu : Esmeralda Kroy
Espace Quartier Latin

Entre «La porte s’est refermée lourdement. Je suis seule dans la nuit» et «L’aube se lève à peine, c’est peut-être celle de l’espérance ?» la traversée aura eu lieu, puisque la libération quasi-miraculeuse de la détenue se laisse deviner. La jeune fille gaie et grave, réfléchie et enthousiaste s’est engagée dans la Résistance, la fleur au fusil. A Ravensbrück la voici isolée pour une raison inconnue dans une antichambre de cette mort aux allures de supplice dont la fréquentation est devenue presque banale. Geneviève communiait avec ses co-détenues dans la tendresse et la compassion. Séparée d’elles, dans son cachot, elle abolit un temps qui ne signifie plus rien, accueille chaque instant avec ferveur et convoque les souvenirs de son enfance au cœur d’une famille chaleureuse. Montent en elle des rêves qui l’intriguent ou la réconfortent, des prières avec fragments de psaumes.
L’évocation des œuvres d’art qui ont nourri sa sensibilité sont des bouffées de beauté. Les flash-backs se côtoient dans un ordre résolûment peu chronomogique, donnant son rythme à ce récit qui serait insoutenable s’il était moins pudique et moins vibrant. La remarquable comédienne à la silhouette gracieuse et au port élégant est éclairée de l’intérieur. Lumières et musiques font écho à son émotion.
Reprise du 16 octobre au 2 novembre 2005. Tel. 01 43 37 59 27.