02 juin 2005

Je suis un homme de mots, de Jim Morrison

Au Théâtre Molière, Maison de la Poésie
Laurent Sauvage signe ce spectacle ambitieux où les excellents comédiens disent, jouent, miment et dansent les textes de Morrison. Sons, bruitages, musiques, déguisements, masques, c’est onirique, ça percute à tout va. Des psalmodies, des récitations à plusieurs voix n’en faisant qu’une.
Jim est là entre inquiétudes et certitudes maladroites, admonestations, grandiloquences, failles, plaies, et sa quête, mais laquelle ? «Accrochez-vous à la vie.» Les voix conjointes le disent, le redisent et le noir se fait sur la scène.
Techniquement c’est superbe. Malheureusement Jim Morrison n’est pas un poète. Les mots, il les utilise à la mode d’un Oulipo de pacotille, les associe de manière hasardeuse, inconséquente, comme s’il les méprisait, c’est mal fagoté, factice, irritant.
Que dire des « épaules douces comme des serres de corbeaux » ? Ca sonne faux et le reste est à l’avenant. Il existe de vrais élucubrants qui sont des poètes, Matthieu Messagier, par exemple, notre ‘Dernier des Immobiles’. Dommage d’avoir mis tant de talents au service d’un pseudo-auteur .