16 juillet 2005

L’amour à trois, de René de Obaldia

Comédie Bastille, du mardi au samedi à 21h30. Tél : 01 48 07 52 07
Obaldia est d’abord poète. Cet amoureux des mots qu’il associe de façon faussement candide pour les faire déferler, déraper, a fondu deux de ses Impromptus en cet Amour à trois. L’hilarité des spectateurs est aux antipodes du rire gras qui, constatait-il, ponctue les «cacophonies triomphantes et inanités sacralisées» si présentes sur nos scènes. Dans Le Grand Vizir Arthur échange avec son meilleur ami Ernest des déclarations de loyauté et d’affection touchantes. Dès qu’il a le dos tourné, Hortense, sa femme, se jette dans les bras dudit Ernest. Cette situation vaudevillesque nous vaut un épisode dense, dru, dérisoire, dérangeant.
Dans Pour ses beaux yeux un couple de beaufs a convoqué un professeur ès jeux télévisés pour que le monsieur, dûment coaché, empoche le magot à une émission-culte genre «Questions pour…». Le prof emballera la dame. Mais le mari qui a tout reniflé est entretemps devenu virtuosissime et dépassera son maître. Ses réponses pétaraderont avant que soient formulées des questions quasi-existentielles, tous azimut. Ebouriffant.