20 septembre 2005

Abraham sacrifiant, de Théodore de Bèze

Abraham sacrifiant, de Théodore de Bèze

Mise en scène : Nathalie Hamel
Jeu : la Compagnie de la Pléiade
Avec accompagnement musical

Créé en 1550 par les élèves d’un collège de Lausanne où l’auteur l’avait écrit. Réfugié pour cause d’abjuration de la foi catholique au profit du Calvinisme, mais théologien et professeur aimé et révéré, Théodore de Bèze y enseignait le grec. Son Abraham Sacrifiant émeut infiniment. C’est l’œuvre d’un poète à la langue noble, ample ou contenue, au décasyllabe percutant ou soyeux. La Compagnie de la Pléiade se l’approprie avec dévotion et bonheur. Abraham, juste parmi les justes, s’entend ordonner par Dieu de lui immoler son fils Isaac. Le dramaturge lui fait répondre comme sans réfléchir : « Brûler ! Brûler ! Je le ferai ». Puis le doute fond sur lui , le taraude. Il a toujours été d’une fidélité sans faille à un créateur qui l’avait choisi pour engendrer une postérité aussi nombreuse que les étoiles et voilà que ce même Dieu est devenu incompréhensible. Il l’implore, tente de cacher son angoisse à sa bien-aimée femme la vigilante Sarah, mais sent qu’il mourra de la mort de ce fils délicieux et confiant que l’Eternel lui commande de sacrifier. Cependant que Satan guette sa rébellion, sa désobéissance et se réjouit de sa peine.
La metteur en scène a voulu que ses comédiens conservent les costumes seizième siècle qu’ils avaient au prologue imaginé par elle, soit ceux des princes Bourbon et Navarre requis par Jeanne d’Albret de jouer l’Abraham et Isaac que Théodore lui a présenté, elle qu’il avait convaincue d’adopter la religion réformée.
Psaumes, cantiques ou poèmes traditionnels juifs sont dits, chantés, escortés à la flûte.
Ils ponctuent en la glorifiant une mise en scène sobre que les lieux où le spectacle est présenté : chapelles, cloîtres mettent en valeur. L’équipe des comédiens sert avec ferveur cette tragédie particulièrement touchante.
Le spectacle sera repris cette saison 2005-2006.