20 septembre 2005

Des femmes qui marchent

Des femmes qui marchent, de Christian Peythieu
Proposé par le théâtre de l’Opossum à l’Atalante jusqu’au 6 octobre

Christian Peythieu a conçu, met en scène et joue aux côtés de comédiennes rares un spectacle dont il a intitulé le texte livret, parce qu’il s’apparente à une composition musicale. C’est une partition multifacettes composée des mots de ces auteurs qui peuplent son panthéon et où s’attarde un brin de nostalgie drôlatique. Mirbeau y côtoie Zola, Aragon, Huysmans, Zweig, mais aussi Koltès, Vinaver, tous plus secouants les uns que les autres. Votre homme-orchestre fait en sorte que cela se structure pour déconcerter et offrir des plages de rêve intenses. Epanchements enchaînés ou juxtaposés, rythmés par la marche de femmes qui semblent avoir été conçues pour cheminer coûte que coûte. Ne pas demander pour aller où, ce n’est pas dans le texte, ou si, mais suggéré et à un tel énième degré qu’on vous laisse découvrir. Ressorts de ce mouvement perpétuel, leurs jambes finiraient par ressembler aux aiguilles d’une horloge, cliquez symboles. Ce spectacle ambitieux, dérangeant et attachant allie le pathétique au cocasse, avec des phases jubilatoires. Pascaline Riccardi en signe la scénographie et des costumes qui mettent en valeur le corps et la chair féminine mais flirtent avec une certaine dérision. Emmanuelle Brunschwig, Marie Delmarès, Keziah Serreau, anti-héroïnes blessées ou battantes et si charnelles fascinent. Exploratoire, singulier.