20 septembre 2005

Lysistrata, d'après Aristophane

Lysistrata d’après Aristophane
Mise en scène : Rafael Bianciotto, au Théâtre 13

Avec masques et marionnettes, par la Compagnie Zéfiro Théâtre, jusqu’au 16 octobre. « Est-ce dans l’ordre des choses qu’un fils meure avant sa mère ? » demande Lysistrata aux hommes qui ne vivent que par et pour la guerre, et envoient ainsi leurs jeunes fils à la mort. Aristophane révolté est le défenseur des faibles. Il conseille aux femmes grecques de faire la grève conjugale dans le but de ramener leurs époux à la raison et, pense-t-il, à la paix. Est-il poète, simple rêveur ? Pourtant il y parvient. Rafael Bianciotto nous offre un divertissement leste, quasi loufoque, avec des personnages genre héros de BD, pantins ou guignols d’une certaine info, comme croqués par des chansonniers. Le tout agrémenté de musiques, de chansons, de marionnettes aux faciès et aux rictus d’un réalisme hallucinant, parfaitement maniées par les acteurs qui leur prêtent leurs voix et, clin d’œil à une actualité déplorable, arborent parfois des costumes avec voiles côté femmes évoquant un certain Orient proche. Mais la mise en scène est farcesque, les six comédiens qui jouent avec gourmandise une vingtaine de rôles portent des masques rondouillards et des costumes lumineux déclinés dans des tons qui vont du safran au rubis. Côté technique tout est délectable, le décor est une toile blanche au centre de la scène, sorte de petit écran. il deviendra mur de forteresse ou colline pour qu’on s’installe à son sommet. Ca virevolte à tout va. Le texte a été remodelé pour que la cocasserie et la dérision des situations percutent au mili-quart de poil. Les comédiens se donnent à fond. Réjouissante et salutaire, Lysistrata fait s’esclaffer son public.