20 septembre 2005

Mes os et Barrabas, de Bénamar Siba

Mes os et Barrabas, de Bénamar Sib

Théâtre des Déchargeurs, du mardi au samedi à 19h. jusqu’au 19 novembre 2005
Avec Bénamar Sib
Mise en scène :Elodie Kugelmann

Du temps d’Alphonse Boudard, autre fou-amoureux de la langue française c’aurait été « mézigues » pas « mes os ».Mais c’est kif-kif. Barrabas (cf. François Villon , Jean Genet et toutes sortes d’autres gars astucieux et poétiques qui avouent avoir un jour mal tourné pour le plus grand bonheur de leurs lecteurs ) fut gracié parce qu’il était officiellement moins dangereux que Jésus. Bénamar a peut-être été politiquement incorrect mais il est d’une rectitude et d’une cohérence totales. Cet homme à l’œil subtil et tendre qui habite la scène instinctivement a passé combien d’années en prison ? Onze. Motifs ? On s’en fiche, on a l’impression que lui aussi. Bon, braquages et cie. En prison il a été happé par le théâtre, est-ce que cela a tout changé pour lui ? Il est là, il parle, il captive, le mot est mauvais goût. Il est vrai, chaleureux, savoureux, tchatcheur, danseur de tcha-tcha-tcha, non, de slow, amoureux invétéré, récupérable et tendre. Dévoyé, mais dévoyé de quelle voie ? Les voies du Seigneur étant impénétrables, qui est son Seigneur ? Comme dit sa sainte mère (Les mères sont toutes des saintes) : « Avec l’aide de Dieu, ça va aller, mon fils ». Ca va, ça ira.et vous irez voir ce jubilatoire Mes os et Barrabas.