04 octobre 2005

Les mots de Florentine, de Christine Deroin

Les Mots de Florentine, adaptation du roman Mot à mot, de et par Christine Deroin
Mise en scène: Christine Deroin. Avec Nathalie Duong.
Au Théâtre Berthelot, Montreuil, jeudi 6, vendredi 7, samedi 8 octobre à 19h30

L’Avant-guerre, l’année 1953. La mère de Florentine morte à 26 ans alors qu’elle-même en avait 3, ses père, mari, sœurs et enfants disparus, son petit-fils. Les paysans qui travaillent trop. La ferme, la terre et sa boue, la mer, ce rêve. Les villes ? On y vit si mal. Ne pas vieillir, finir par être plus jeune qu’à 40 ans. Observer ses voisins. Le non-dit dans les familles. « Florentine, tu as des lèvres si douces ». Qui lui a dit ça ? Dire ou ne pas dire « je t’aime ». Laisser un biographe écrire son histoire ? « C’était une histoire simple ». Vous revisitez un univers familier à des générations de Français. La pléthorique Florentine est résiliente, la comédienne qui l’incarne est gourmande. Visage d’une mobilité déconcertante, voix qui entame, rape, mord presque, puis éructe. Elle ôte ses vêtements ternes et, en ‘combinaison’, fait mine d’entrer dans sa baignoire, cet ustensile impensable avant. Elle se réchauffe un bouillon sur un réchaud, le boit, enfile un jean et glousse. Elle se sermonne aussi : « Florentine, tu deviens mauvaise » , crie presque : « Julien, mon petit-fils, je t’aime ». Minimum d’accessoires et mini-chorégraphie pour petite vieille trottinante. Le long de la savoureuse partition de Christine Deroin, Nathalie Duong est irrépressible, surprenante. Et drôle.