26 octobre 2005

Poker (Dealer's choice), de Patrick Marber

POKER (DEALER’S CHOICE) de PATRICK MARBER
Adaptation: Isabelle Kérisit et Nicholas Mead
Mise en scène: Isabelle Kérisit
Au Lucernaire, du mardi au samedi à 21 heures 30, jusqu’au 3 décembre.
Téléphone : 01 45 44 57 34

Poker night est le titre que Tennessee Williams avait pensé donner à ce qui allait devenir Un tramway nommé Désir. Hommage malicieux de Patrick Marber. Ce Poker tonique est plein de coups de chapeau et de clins d’yeux à toutes sortes de gens: Monsieur Freud, le poète et dramaturge T.S. Eliot, entre autres. Deux mi-temps, « la clé de ce jeu c’est l’endurance ». Trucages, stratégies, perdre, gagner, bluffer. Soit la préparation et la partie d’un jeu métaphorique, (métaphysique ?) où les rapports entre six bonshommes venus d’horizons hétéroclites, un dimanche soir irrépressiblement londonien, se précisent. Leurs affrontements, vrais ou simulés, se déclinent à coup de répliques qui font mouche. Pauses. Ils se laissent aller à des confidences ordinaires et des digressions plus ou moins désabusées. La pièce est de celles qui ne se racontent pas, mais se vivent goulûment, d’épisode en épisode. Une traduction et une adaptation fignolées avec cocasseries en prime. La scène est occupée simultanément à jardin et à cour par des groupes qui échangent ou non, on déplace les éléments du décor et ça bouge. Tempo convaincant, lumières soignées et une distribution excellente. Fin de partie, on est sur les rotules. Vos accros se séparent avec un « même heure la semaine prochaine, bonne nuit ». On leur emboiterait le pas. Auteur décapant et pièce revigorante ou bien vice-versa.