14 octobre 2005

Un violon sur le toit, d'après Sholem Aleichem

Un violon sur le toit, d’après Sholem Aleichem, livret de Joseph Stein, musique de Jerry Bock, lyrics de Sheldon Harnick.
Mise en scène d’Olivier Bézénech et Jeanne Deschaux.
Nouvelle adaptation : Stéphane Laporte. Direction musicale : Pierre Boutillier.
Au théâtre Comédia. Du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 17 heures.
Jusqu’au 31 décembre.
Téléphone : 01 45 67 95 46

Une déferlante, Broadway, 1964. Pliée de rire en quatre l’Amérique larmoie entre bonheur et émotion. 1971 : l’Europe est conquise par le film de Norman Jewison. « If I were a rich man » devient l’outil indispensable de profs d’anglais qui tentent d’initier leurs ouailles au ‘mode hypothétique’, soit ‘were’ au lieu de ‘was’. « On the other hand… on the other hand… there is no other hand », l’imagination se dégonfle, comme un ballon ordinaire versus la réalité.
Un optimisme débridé (slave, forcément) constate que la vie, la famille, dont nous ne sommes pas sûrs d’être dignes, sont des cadeaux irremplaçables. Avec plus de double-tranchants qu’on n’aurait pu envisager. Le palliatif ? une vraie fausse mauvaise foi qui évacue un trop plein de contradictions. C’est peut-être la formule de ce qui n’est ni un conte, ni un début de saga, mais la présentation d’un petit monde enfui, celui de communautés juives en Russie au tournant du siècle dernier. Pogrom, tout s’assombrit, sombre. L’espoir, alors ? Une vingtaine de comédiens et seize musiciens parfaits tournoient, chantent, dansent. Le plateau utilisé avec astuce n’en devient pas trop petit. Une magie est au rendez-vous. Finesse de touche et intelligence: mazel tov pour ce mariage-ci. Tendresse et cocasserie: mazel tov pour celui-là. Généreux et quoi encore d’autre ? mazel tov. Une comédie musicale, une vraie et que vous aimerez, mazel tov, mazel tov again.