07 novembre 2005

Flora Tristan, journal adapté par Philippe Dussol

FLORA TRISTAN, LE DERNIER VOYAGE
adaptation Philippe Dussol, mise en scène Anne Bouvier, avec Agnès Vialleton.
Théâtre de Nesle, jusqu’au 31 décembre, du mardi au samedi à 21 heures.

Elle était née en 1803, un an avant George Sand, autre passionaria. Le Journal du tour de France dont Philippe Dussol a assemblé des épisodes significatifs est la chronique du dernier voyage que fit Flora Tristan à l’automne de sa mort. Pétrie de contradictions, provocatrice, mais de si bonne foi, au propre comme au figuré, elle était aussi dotée d’un extrême bon sens. Les paysans, accuse-t-elle, se sont éxilés en ville parce que les propriétaires terriens faisaient jouer la course au rendement. Devenus ouvriers, ils ont été asservis par la loi sauvage du profit. Quant aux bourgeois, ce sont des gredins. Championne d’un amour qui soulèverait des montagnes, parce qu’elle est femme donc surdouée pour celà, Flora veut amener les ouvriers à créer une union universelle. Ensemble on clamerait qu’il existe des devoirs pour tous, mais d’abord qu’il faut exiger le droit au travail et à l’instruction. Les foules la plébiscitent . Meetings aux allures de croisades, de ville en ville. Elle meurt épuisée à Bordeaux, à l’âge de 41 ans. Agnès Vialleton est Flora avec son « instinct de répulsion pour le laid », qui, avant Haussmann envisage des avenues pleines de soleil à la place de ruelles malsaines. La comédienne a pris à bras le corps le personnage qui s’amuse presque de son propre charisme et s’exclame : « Que c’est donc bon de faire le bien ! » Son éxubérance et son abattage font merveille. Quelques meubles et objets d’époque et la petite scène devient une de ces pièces où Flora se posait aux étapes de son ultime périple. Le spectacle est revigorant.