23 novembre 2005

Le manteau, d'après Gogol

LE MANTEAU D’APRES GOGOL
adaptation et mise en scène: Alain Mollot
au Café de la Danse, jusqu’au 31 décembre
du mardi au vendredi à 20h30, samedi à 17 h et 20h30
téléphone: 01 47 00 57 59

Jubilatoire, mais qu’on ne peut pas (et qu’il ne faut surtout pas) raconter, le sujet n’étant qu’un prétexte pour ce spectacle fourmillant d’intermèdes ahurissants de drôlerie. Le manteau neuf, bleu ou pas avec ou sans poches est le rêve d’un certain Akaki, employé de bureau à Saint Petersbourg, comme on sait que le fut Gogol dans les années 1830. Le manteau, symbole ou métaphore, une fois acquis sera volé, et son propriétaire, réduit à sa plus simple expression , reviendra hanter ses concitoyens. Voilà pour la trame. A jardin un musicien joue. A cour les comédiens flanqués d’accessoires désopilants dans des saynètes. La présentatrice-meneuse de revue pour cabaret arpente la scène devant le rideau rouge. La sarabande commence. Apparitions de marionnettes, de pantins, chants, danses, clowneries, numéros avec échasses, séquences d’ombres chinoises, et le pauvre Akaki là-dedans? On ne cherche plus à comprendre, on se laisse prendre par la féérie tout en saluant au passage le travail technique de la troupe, les lumières, les éléments de la scènographie, la fantaisie et l’inventivité débridées qui président à l’ensemble. Les comédiens masqués, grimés, travestissent leur voix, aux saluts ils redeviennent des gens charmants et des jeunes femmes ravissantes. Les pirouettes terminées on a conscience que dans la farce à laquelle on vient d’assister, ou plutôt à laquelle on a pris part, l’absurde à la slave masquait une fois de plus le pathétique. Mais on est sûr qu’on recommandera ce Manteau aux copains, à tous les copains et aux enfants des copains
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