09 décembre 2005

Allez venez milord... selon Piaf, par Ziaf

Avec Christine Zufferey, Catherine Capozzi, Chie Imazumi, Tamora Gooding.
au Théâtre Les Déchargeurs, du mardi au samedi à 20 heures, jusqu’au 23 décembre.
téléphone : 01 42 36 00 02
Trois musiciennes: Tamora Gooding aux instruments divers constituant la batterie, sorte de chéfesse de l’ensemble, solide, parfaitement efficace, et qui rit de toutes ses dents sous une frange à la Camilla.Virtuose à la guitare, c’est Catherine Capozzi, au visage presque mangé par la masse de ses cheveux, mais qui saute en l’air quand elle le sent, tant elle aime ce qu’elle joue. Chie Maizumi au piano Yamaha est souriante, enjouée et s’amuse avec ses camarades de la récupération magistrale qu’elles ont faite des orchestrations qui, en leur temps, accompagnèrent les chansons de Piaf. Elles ont du dynamisme et du savoir-faire à revendre. Rivée à son micro, Christine Zufferey chante. Grande fille toute simple qui vient proposer son tour de chant sans accessoires, elle est désarmante quand, après chaque chanson, elle remercie le public, avant même qu’il ait commencé d’applaudir. Sa voix a l’ampleur et les couleurs qu’il faut pour faire vibrer Edith à tout va.
Elle enchaîne les tubes de celle qu’un public dédaigneux avait d'abord surnommée la « nabotte glapissante », avant d’admettre qu’elle était une figure incontournable de la chanson, que la radio vous faisait aimer et les apparitions sur scène chérir, soit un monument national. Une presse people avant la lettre ne vous épargnerait rien de la vie tumultueuse, à laquelle tant de femmes et d’hommes s’identifiraient, même malgré eux. Telle était l’époque dont la relecture réactualise la passion, les passions. Christine, lisse, rend textes et poèmes intemporels, ne souligne, ne joue rien, gomme les mots au profit de leurs musiques. Epaulée par ses camarades musiciennes explosives, paradoxalement peut-être, elle devient plus proche de nous encore.