08 décembre 2005

La contrebasse, de Patrick Süskind

LA CONTREBASSE de PATRICK SÜSKIND
mise en scène Jean Michel Boch avec Fred Tournaire
au Théâtre du Renard, du mardi au vendredi à 21 heures, le samedi à 16h et 21h.
téléphone : 01 42 71 46 50

Ca n’est pas vraiment un monologue, pourtant face à nous le musicien a pour seul vis-à-vis son instrument au format insolent dont on n’est pas sûr qu’outre son outil de travail il soit un allié, un ami, voire même un confident. Il en fait l’éloge, en tire quelques sons, les commente, style conférencier pour expos, ou guide pour visite de zoo. Ca n’est pas une simple confrontation virant au règlement de comptes ou à la scène de ménage faite à ce bourreau, cet empêcheur de vivre et d’aimer en rond mais objet de phantasmes. Ca n’est pas non plus un prétexte pour que le personnage hirsute, clownesque, et qui dénonce son horizon médiocre de quasi-fonctionnaire dans un orchestre symphonique, hurle son désir de voir la jolie, la sublime mezzo Sarah s’intéresser aux émois qu’elle lui cause. Le contrebassiste a investi l’espace scénique qui est une chambre capitonnée, truffée de placards à malices et d’un frigo à bières. Il s’épanche, se démène. Une fois tout dit des musiques qui conditionnent ou enchantent l’existence, de l’existence elle-même et de la solitude, il ré-endosse sa livrée de concertiste et, après ce qui ressemble à un dernier round, tire sa révérence, repasse la porte du fond nous laissant pantois. Fred Tournaire est un énergumène hâbleur, ricanant, sale gosse, limite cabotin (on pense à Mozart face à Salieri pour Amadeus selon Peter Shaffer) mais son énergie est redoutable. La pièce, divertissement au sens philosophique du terme, est aussi un spectacle très drôle.