22 décembre 2005

Les contes de Grimm, adaptés par Gilles Zaepffel

LES CONTES DE GRIMM, L’INTEGRALE, SUITE ET FIN
Pierre Baux, comédien, Vincent Courtois, violoncelliste
à l’Atelier du Plateau jusqu’au 7 janvier, du mardi au samedi à 20h30
(relâche les 24 et 26 décembre et le 1er janvier)
téléphone : 01 42 41 28 22

Le Plateau, théâtre et atelier vous accueille, soit aussi un bar avec comptoir et nourritures dont le fumet courtise vos narines. Une fresque aérienne a investi les murs de ce lieu où elle aligne des objets insolites, insolemment et poétiquement vôtres. Conçue par Thomas Jankowski, elle est partenaire à part entière du spectacle, et c’est elle, la première, qui racontera. C’est aussi vers elle que vous lèverez les yeux quand les récits de Jacob et Wilhelm Grimm transiteront par des épisodes grotesques, indigestes ou carrément cruels, longtemps occultés par leur version pour enfants. Voyez Petit chaperon rouge et consorts. Noir. Le musicien accroche une clé symbolique à un clou au mitant du mur. Le comédien empoigne un premier livre, et le rapport à l’écrit percute. Ré-actualisation des mythes, salut Mahabharata et autre Gilgamesh. Le comédien qui est avant tout conteur fait mine de chercher ses mots, redit les passages qu’il aime, lit à l’infini, juché sur un escalier ou un escabeau, avec chaque fois un nouveau recueil en mains.
Il ne joue surtout pas les personnages qui peuplent sa partition, ce serait redondant. L’homme au violoncelle raconte, impose un rythme et une dramaturgie de rechange. Partitas de Bach et Histoire du soldat, quand Stravinski commentait Ramuz, jazz domestiqué, revisité, ça décolle. Il empoigne des archets en plus, caresse son instrument qui émet comme une respiration rauque et fait mine de s’exaspérer. On pleure de rire, les enfants dans la salle sont sidérés. Musicien et comédien échangent des regards. Pause. La chevauchée redémarre. Le violoncelle flirte à nouveau avec ses galaxies. Le public se remet à jubiler. Ce soir-là, il était question, au final en forme de fable, d’un souriceau cohabitant avec un oiselet et une saucisse. Gilles Zaepffel a ré-écrit certains des soixante contes livrés par fournées de trois ou quatre chaque soir, au Plateau. Il était l’âme du lieu. Vous ne connaissiez pas Gilles, dont la démarche était de privilégier ce qui est « insolite, improbable, hors norme, improgrammable ». Vous risquez d’aimer, même pire qu'aimer, ces, non, ses Contes.