01 décembre 2005

Les quatre morts de Marie, de Carole Fréchette

LES QUATRE MORTS DE MARIE, DE CAROLE FRECHETTE
Mise en scène Alain Batis
du 6 au 30 décembre 2005 au Proscénium
à 20heures30 en semaine, à 17 heures le dimanche

La programmation du Proscenium invite les auteurs contemporains qui dénoncent les maux que nous nous infligeons, autant que ceux dont nous croyons qu’ils nous sont Infligés. Notez qu'aucune solution
toute faite ne nous est proposée, non plus que des bouffées d’un rire analgésique ou factice. Vaillante, vigilante, la Marie de Carole Fréchette cousine avec le personnage central de ses Sept Jours de Simon Labrosse, lequel « n’a qu’une arme pour se défendre: il est vivant ». Marie joue aussi à être vivante, malgré quatre morts plus ou moins métaphoriques. « On peut tout inventer quand on est vraiment toute seule ». La solitude, d’accord. Pourtant seule, elle ne l’est pas, il y a forcément Simone et Sylvette, et Pierrot, Pierre, Pierre-Jean, plus Théo, Thomas et Louis, ce carrousel d’êtres qui bougent, parlent, qu’elle ausculte, poursuivant son périple intérieur. Autour, des guirlandes pour sapin de Noël, une table avec gobelets plastique posés dessus, censés évoquer une convivialité laquelle est plutôt au point mort. Le décor est fait de caillebotis, bois et interstices alternant le clair et le sombre, qui s’abaissera pour que la pluie finisse par inonder presque Marie sur le plateau nu. Simulacre de baptême, de nouvelle naissance ? Mais il y a tant d’immédiateté dans les répliques : « Restez si vous voulez, il faut que je parle ». « Pourquoi partir comme ça ? ». « Reviens, Marie ». Les quatre comédiens qui escortent Marie, jouant huit personnages ont eu du plaisir à travailler avec leur metteur en scène, cela se sent et Marie est drôle, déroutante, déroutée, brave. Alain Batis nous repropose la pièce surtout pas inoffensive qu’il avait créée en 2001, pour laquelle il éprouve certainement une tendresse particulière, puisqu’il a tant à cœur de nous la faire aimer. Ca marche.