15 décembre 2005

Music hall, par Lucienne et les garçons

MUSIC HALL par LUCIENNE ET LES GARCONS
au Vingtième Théâtre, du 18 janvier au 25 février 2006
du mercredi au samedi à 19h30, dimanche à 15 h
téléphone : 01 43 66 01 13

Pour vous convaincre de la succulence de Music Hall les mots font-ils le poids ? Soit intelligence et fraîcheur, légèreté, grâce, fantaisie. Ou encore malice, astuce, dérision, goguenardise, désinvolture. Passons à l’ « absence de », donc: aucune complaisance, pas l’once d’une grivoiserie gratuite, même si vos lascars chantent et jouent ce cabaret des années 1920 à 1940 qui titillait vos arrières-grands-parents venus se goberger des airs de Marie Dubois, Lucienne Boyer, Scotto, Sablon, Ventura et la clique, à Montmartre, Pigalle ou Montparnasse. Lucienne (Lara Neumann) au visage de poupée et d’ange est une soprane archi-pulpeuse mais aérienne, une comédienne cocasse, qui mène au trot et à la baguette ses deux complices. Flannan Obé (Gaston) baryton, comédien et danseur, lui aussi, est distribué dans des personnages de latin lover, crooner-bellâtre ou simple partenaire et copain indéfectible, remuant ou récriminant, de la Belle. Il assume. Emmanuel Touchard (Victor), auteur-compositeur de son état, est au piano, mais peut se transformer en bafouilleur, style bourvilesque. C’est l’élément aussi perturbateur que conciliateur de la bande, mais qui ne se laisse pas parquer derrière son instrument. Les airs sont des titres fameux qu’on redécouvre et qu’on aime parce que leurs interprètes ne sont pas sonorisés et que toutes les paroles font mouche. Lumières en manière de décor, Rémi Préhac, metteur en scène, fait gesticuler drôlatiquement, au millimètre près, son trio avec la maestria du comédien-chorégraphe et auteur dramatique qu’il est aussi, le public est en état d’apesanteur, de lévitation.