04 décembre 2005

Rebelles, d'Olga Jirouskova

REBELLES, TEXTE D’OLGA JIROUSKOVA AVEC SONNETS DE LOUISE LABE
Musique Jean-Yves Bosseur, Michel Decoust
au Théâtre Molière, Maison de la Poésie jusqu’au 23 décembre,
mercredi et samedi à 19h, jeudi et vendredi à 20h 30, dimanche à 17h.

Françoise-Franca Cuomo est Louise, diva flamboyante qui enchaîne mélodies sur mélodies au parfum de Mélisande pour Pelléas des années mille neuf cents. Au passage on reconnait des sonnets de Louise Labé. Un violoncelliste et un accordéoniste jouent les partitions de deux compositeurs remarquables. Louise se promène entre des tentures noires que les éclairages éclaboussent ou qui s'abolissent dans l'obscurité. Elle se retire en coulisses, reparaît, parle, chante et côtoie Eva: Anne Fabris, sans d'abord tenir compte de sa présence. Adolescente forcément en rébellion, style grunge soft, celle-ci se contorsionne, se roule par terre, halète, clame qu'il est urgent de redéfinir la liberté, l'amour, le vrai, la souffrance, la dignité, la création. Comédienne à la belle énergie, acrobate, danseuse experte en hip-hop, l'auteur et metteur en scène lui a confié une chorégraphie spectaculaire. Puis Louise et Eva dialoguent, se confessent dans la langue de tous les jours, ou à l'aide de passages d'un lyrisme appuyé.L'ado exaspérée du départ a peut-être mis le cap sur un espoir lorsqu'arrive la fin, la rébellion et le discours s'étant soudain épuisés. Le procès d'intention fait à la poétesse phare d'une époque si différente de la nôtre, qui est ausssi celle d'Eva, a eu son cours . Des images, jolies formes mouvantes, sont projetées sur les éléments du décor. Si la structure de la pièce, sa pertinence et son écriture ne sont pas toujours évidentes, les talents mis en oeuvre pour sa réalisation, l'élan des comédiennes et des musiciens, tous quatre impliqués à fond, et la démarche esthétisante touchent.