25 juin 2005

Choses vues à droite et à gauche

Théâtre de la Gaîté Montparnasse
Spectacle à partir de la correspondance d’Erik Satie, conçu et réalisé par Jean-Luc Tardieu qui met en scène Du côté de chez Proust au Petit Montparnasse quasi-mitoyen.
Jean-Paul Farré est Satie, énergumène truculent qui ratiocine férocement au gré de ses engouements et ses détestations, le long de sa passion pour les mots, tandis que la vie le malmène à petit feu. Bernard Dhéran, meneur de jeu et son compère pince sans rire, est plein de sollicitude. Michel Runtz au piano joue amoureusement Gymnopédies et Cie. Lumières et mise en espace stylisées, c’est brillant, savoureux, et se joue à un horaire parfait.
Du mardi au samedi à 20h00, dimanche à 15h00. Tel. 01 43 22 16 18.

02 juin 2005

Je suis un homme de mots, de Jim Morrison

Au Théâtre Molière, Maison de la Poésie
Laurent Sauvage signe ce spectacle ambitieux où les excellents comédiens disent, jouent, miment et dansent les textes de Morrison. Sons, bruitages, musiques, déguisements, masques, c’est onirique, ça percute à tout va. Des psalmodies, des récitations à plusieurs voix n’en faisant qu’une.
Jim est là entre inquiétudes et certitudes maladroites, admonestations, grandiloquences, failles, plaies, et sa quête, mais laquelle ? «Accrochez-vous à la vie.» Les voix conjointes le disent, le redisent et le noir se fait sur la scène.
Techniquement c’est superbe. Malheureusement Jim Morrison n’est pas un poète. Les mots, il les utilise à la mode d’un Oulipo de pacotille, les associe de manière hasardeuse, inconséquente, comme s’il les méprisait, c’est mal fagoté, factice, irritant.
Que dire des « épaules douces comme des serres de corbeaux » ? Ca sonne faux et le reste est à l’avenant. Il existe de vrais élucubrants qui sont des poètes, Matthieu Messagier, par exemple, notre ‘Dernier des Immobiles’. Dommage d’avoir mis tant de talents au service d’un pseudo-auteur .