09 février 2006

Mme Olive attitude, de et par Claudy Sarrouy


accompagnée par Julie Darnal au piano
au Théâtre de Nesle les lundis et mardis à 20h45
téléphone : 01 46 34 61 04 et 06 88 15 84 33

Il y a quelques dizaines d’années Claudy aurait été cataloguée petite bonne femme tordante. De ces années-là témoignent ses escarpins beiges-rosâtres, sans lesquels elle ne se sentirait probablement pas chez elle sur scène. Sa complice, Julie, parfaite au piano, a un faux-air de grande fille toute simple, une perruque moliéresque à boucles noires cascadantes, mais des yeux redoutables. D’ailleurs Mme Olive lui lance: « Je désquame, n’en fais pas trop, Julie ». Laquelle se vengera en solo. Spectacle de gags en confidences incongrues, de trouvailles langagières, dirait-on cuistrement, en pastiches d’expressions toutes faites: « Mon sang a fait un demi-tour », mais aussi: « Mon karma, c’est Castorama ». On sourit... Un costume infâme, du plus parfait mauvais goût avec accessoires grotesques, « pour mettre en valeur mes zones érogènes » et une coiffure hideuse. Mâmolive raconte les dames qu’elle a côtoyées au bureau, parce que, de même que Sylvie Joly fut avocate dans une vie quasiment antérieure, Claudy, c’est des années d’assistante sociale. Elle avait « des bouffées de compétences » et ses collègues, pour leurs congés, faisaient, qui une thalasso lascive, qui un pélé-Compostelle. Le travail, d’accord, et la vie dite privée ? Les bonshommes s’en ramassent plein le faciès. Ses relations avec la gent quasi-adverse sont plus ou moins explosives. « Etalonne bien conservée, en pré-ménopause », elle tombe sur des gars qui « font vieux », des « veufs-divorcés ». « Chéri, mets ton caoutchouc, sinon je… » Noir. Sa conclusion serait que « tout est bidon », sauf qu’elle n’est pas près de conclure, et que vous la retrouverez, pétaradante avec Julie, festival à elle seule, dans toutes sortes de cafés-théâtres, rive plus ou moins gauche. Côté décor, LOVE O LIVE, ce clin d’œil s’inscrit sur ce qui, dans ce délicieux lieu minuscule, fait office de toile de fond. Bref, un spectacle pour qui raffole de prestations légèrement « too much » faites par des dames intempestives qui braillent, rabâchent qu’elles ne sont « ni coconnes, ni bobonnes ». Ah bon !...