04 mars 2006

Colette, la vie vagabonde, R. Bensimon et C. Thézier


Un homme en noir est devant l’estrade où trônent un petite table avec matériel de maquillage, une chaise et un paravent, suggérant une loge de théâtre, il balaie, prend le public à témoin : « Vivre, qu’est-ce que c’est ? ». Et de remonter le cours du temps et de la vie de Colette, d’une manière drôle, poétique, on comprend qu’il est amoureux de son personnage. Elle paraît, impétueuse, gouaille ravageuse. La femme qui s’est émancipée, a appris la pantomime, se produit au music-hall dans des costumes olé-olé, et lance des réparties flamboyantes à tout va. Mais aime Balzac et Proust, et écrit depuis toujours. Sa mère chérie, Sido, lui avait répété inlassablement: « Regarde » et Colette ne cesse de voir, et de transcrire dans sa langue superbe, inimitable mais contagieuse tant elle ravive l’amour des mots et d’une langue qui donne son souffle au récit. Corine Thézier est cette Colette, dans des petits ensembles d’époque pimpants, elle devient la comédienne qui jouera des scènes de la Vagabonde, écrite en 1911, devenue film en 1916, et adaptée pour le théâtre en 1923, année où l’auteur signe enfin sous son patronyme. Le lecteur, Robert Bensimon joue à ses côtés le rôle d’amoureux ombrageux ou pas, personnages calqués sur ses camarades de tournées. Colette conquise par le maquillage, l’a adopté à cette époque et en usera jusqu’à la fin de se vie, Corine se poudre avec malice devant son adorateur moustachu . Petit clin d’œil parmi tant d’autres, qui d’un agit comme le breuvage pétillant dont le soupirant lui verse un verre à la fin. Moments choisis d’une vie passablement singulière, ce spectacle est séduisant.

Par le Théâtre de l’Impossible, avec Corine Thézier et Robert Bensimon
Musée Carnavalet, les 3, 9, 14 et 16 mars à 15 heures.
Téléphone : 01 43 44 81 19