23 mars 2006

D'amour et d'Offenbach, d'après Schnitzler

D’amour et d’Offenbach, de Tom Jones d’après Arthur Schnitzler, adaptation française de Stéphane Laporte.
Mise en scène :Jean-Luc Revol
Le titre anglais ‘The game of love’était plus ludique que ce semi-jeu de mots à effet plutôt patatras: D’amour et d’eau f…bof ! Ca donne plat unique et boisson ne gonflant pas l’addition. Mais sur l’affiche le spectateur prospectif aura repéré une distribution qui rime avec champagne, à consommer avec immodération, comme au mythique Café Sacher de Vienne. Résister ? Un peu plus tard dans la soirée la formule deviendra exubérante, pour cabaret-fin de siècle avant-dernier, fignolée par des personnages en costumes d’époque re-coloriés (merci Aurore Popineau) qui poussent la chansonnette et jouent plus juste que juste, dansent, gambadent puis déplacent les éléments de leur décor polymorphe avec une tendresse minutieuse. L’intrigue? Anatole (Gilles Vajou, magistral dans sa peau d’interloqué en permanence) est successivement confronté à cinq anciennes ou futures dulcinées, toutes déclinées par l’ébouriffante et gracieuse Manon Landowski, grande bourgeoise ou limite virago, ingénue, vamp et diva slavisant à outrance. Piégé par sa nature d’amoureux-amant-potentiellement-cocufiable-ou-parfaitement-cocufié, Anatole voudra s’en démarquer jusqu’à la fin, laquelle a un je ne sais quoi d’amertume. ‘Anatole sans amour, sans crème fouettée ?’ .‘J’étais amoureux de l’amour’, mais ‘la vie est pleine d’énigmes’.Le public s’est râclé la gorge, a toussé un tantinet. Son ami et quasi-biographe, c’est Max: Raymond Acquaviva, savoureux en confident quintessentiel, un rien machiavélique, qui mène la danse, en douce. Hervé Lewandowski est votre domestique et maître d’hôtel faussement phlegmatiques, fonction oblige, ou encore un camelot, un simple homme de la rue, et aussi ce baron aussi fantômatique que dangereux qui draculerait légèrement, mais les Carpates ne sont qu’à un royaume et un cauchemar près. Les airs drôlets chantés sur des musiques de Jacques-comment-déjà? sont joués par le pianiste et directeur musical (Thierry Boulanger) qu’on entrevoit derrière la toile peinte du fond. Ca pétarade, ça taratatate en cinq épisodes, sans autre suspense qu’un découpage en tableaux funambulesques. Ca bluffe, ça émeut, on se dit: c’est ça aussi, mais c’est ça d’abord, le théâtre.

Théâtre 14, jusqu’au 6 mai. Mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20h30. Jeudi à 19h,
samedi matinée à 16h. Téléphone : 01 45 45 49 77