08 avril 2006

Eloge du homard, d'Alexandre Vialatte

Le centenaire de la naisssance d’Alexandre, ce sera pour l’année prochaine, mais la compagnie Tête en l’Air met déjà à notre menu une fantaisie qui brandit un crustacé, non pas ébouillanté, ni servi en bisque. Carnaval d’animaux interloquants avec vol de bourdon derrière. Ca a démarrré en trombe. Un escargot voudrait-il épouser une petite fille avec tricycle ? Soit l’homme, son rapport à l’animal, et nos perplexités premières. Fulgurances d’un langage cousinant avec celui de l’Oulipo ou reminiscences de cadavres exquis. Sur scène ils sont trois, plus un parapluie et un chapeau melon refilable à un partenaire auquel une petite claque ne fera pas de mal, de temps en temps, hé-hé ! « Et c’est ainsi qu’Allah est grand ». (Vialatte avait, Dieu merci, traduit Kafka et Nietzsche). Laurent Delpit est un clown perplexe, lèvres pincées, mais yeux pleins d’étoiles. Alison Bignon, votre muse multiple, est plus belle que belle, incisive et drôlatique. Marc Josserand, énigmatique vous prend en ôtage par ce qu’il incarne le propos de l’auteur, soit une formulation de la fonction et de la nature de la poésie. Donc le Cardinal de Richelieu, la Tour Eiffel et quoi encore déjà ? Mettez ça là, on ne va surtout pas le trier. Plus votre homard derechef, le tout tête-bêche, assaisonné de salsifis mélancoliques (certains ratons-laveurs, conscients d’être superfétatoires, se seraient déjà fait la malle). De très jolis tableaux et des lumières superbes. C’est astucieux, roboratif.

Mise en scène de Nicole Hibert et Laurent Delpit.
Aire Falguière, jusqu’au 14 mai. Jeudi, vendredi a 20h30, samedi, dimanche à 17h30. Téléphone : 01 56 58 02 32 et 01 40 43 92 73.