25 avril 2006

Les Années Saint Germain, par Corinne Cousin

Elle traverse la salle, genre tornade, pour aller rejoindre sur scène ses musiciens qui ont déjà mis dans le coup et emballé le public. Chevelure flamboyante, sourire de même, petite robe noire en hommage aux grandes dames de la chanson, ses marraines, elle attaque: « On n’est pas là pour se faire engueuler, on est là pour voir le défilé » Sur la vingtaine de textes dont se compose son spectacle, quatre Boris Vian sont au menu. Normal, son impertinence flirtait avec le génie dans les années bénies d’un certain après-guerre. Mais ils sont tous là: Prévert, Queneau, Desnos, et même Sartre dans sa rue des Blancs Manteaux (quoique rive droite) et ensuite Ferré, Brel, Gainsbourg, Mouloudji, Trénet, Béart, les Frères Jacques. Les chansons qu’elle nous offre en comédienne pas chichiteuse sont aussi des contes. Elle se retourne, fait mine de chercher l’approbation de ses accompagnateurs, lesquels ont décidé de jouer les ronchons blasés, et c’est un sketch d’autant plus drôle qu’ils sont parfaits. Compositeurs, arrangeurs, éclairagiste, elle a carrément choisi les meilleurs. Dans la salle ça fredonne, ça en redemande, parce qu’eux aussi sont tous là: parents, grand parents et gamins. Donc une anthologie, pardon, un must.
Direction artistique et accompagnement: Roland Romanelli, à l’accordéon. Raoul Duflot est au piano. Lumière: Jacques Rouveyrollis.
Théâtre de Nesle, le lundi à 21h15, jusqu’au 3 juillet.
Téléphone: 01 42 64 30 53.