05 mai 2006

Violette sur la terre, de Carole Fréchette

Chapeau clownesque sur la cascade de cheveux qui masque son visage quand il le faut, Violette est là, comme par inadvertance, sur le carreau d’une mine désaffectée. Laconique, elle dit: « Je me suis trompée ». Elle répète un mot qu’elle semble aimer: «aberration». Face à elle ils sont quatre, désabusés. Ils se raconteront à elle, à cause d’elle. Un gentil boiteux lunaire rêve d’une remplaçante pour la Suzanne qui l’a largué, un dynamiteur retraité ronchonne, menaçant de tout faire péter. Sa femme sans enfants, la cinquantaine véhémente, rêve de vivre au soleil. Une nana sexy, paumée et intarissable, détaille sans vergogne ses ébats avec l’Eric dont elle serait enceinte. Tous veulent apprivoiser, s’approprier Violette. Ils chanteront, mangeront un brin avec elle et se reconcilieront peut-être avec... la vie, ou avec eux-mêmes! Violette a disparu. Musique, décor, mise en scène et lumières explicites sont astucieux et la fin arrive trop vite. Les comédiens, parfaits, font aimer leurs personnages au départ plus rébarbatifs que touchants. La fable, poétique, étrange, est bizarrement roborative.
Mise en scène de Maxime Leroux. Avec Maryline Even, Vincent Jaspard, Juliette Marcelat, Olivier Saladin, Emilie Wiest.
Théâtre 13, mardi, mercredi, vendredi, samedi, à 20h30, jeudi à 19h30, dimanche à 15h30. Téléphone: 01 45 88 62 22