21 juillet 2006

Dévorez-moi, d'Olivier Lejeune

La scène est rouge, et les murs, également d’une teinte carnivore, sont le décor d’un restaurant classieux: la « Tour de Vermeil ». Combien d’étoiles à conserver dans le guide que vous savez ? Quand Olivier Lejeune a pris pour cible ou thème le prestigieux établissement sis derrière Notre-Dame, qui accueille les monarques et les sultans depuis Henri Quatre, pressentait-il que son propriétaire allait disparaître en cette fin de printemps, et que la presse nationale rendrait hommage à ce talentueux Monsieur C.T. dont la France était fière ? Olivier Lejeune s’est effectivement un tantinet approprié l’allure du personnage. Mais lui est fier que sa toute dernière comédie «Tout Bascule » soit devenue ce nouveau monument que vos cousins de région, montés à Paris, se sont entendu décréter incontournable dans des guides de divertissement. Soit six cent représentations récemment. Du canard au sang à une chère tête de veau, pour vau… deville. On ne vous dira rien des références actualité ou people, ni de l’intrigue, ni des enchaînements de scènes pétaradantes, avec répliques-gags, qui ressemblent au mieux à du Robert Lamoureux et en moins bien à des simples enfilades de bons mots. Virginie Stévenoot: Ségolène blonde et aguicheuse, qui fait cascader les imbroglios et Virginie Pradal: Katerina, vieille toquée, débarquant pour sauver la mise, affublée de tenues genre mon truc en plumes et d’une rangée de fausses dents carnassières, se démènent sur scène avec une énergie dévastatrice. Jean-Christophe Barc, le « chef renommé » et Stéphane Malassenet, le « commis surréaliste » en font autant. Quant à l’auteur, metteur en scène et interprète principal, Olivier Lejeune, « redouté critique gastronomique » il est comblé : la salle se tord de rire. Rappels, et re-rappels.

Théâtre du Gymnase Marie Bell, 80 représentations exceptionnelles.
Du mardi au vendredi à 21 h, les samedi à 17h et 21h.
Téléphone : 01 42 46 79 79