05 octobre 2006

autoPSY, de Gérald Gruhn

autoPSY… de petits crimes innocents, de Gérald Gruhn
Une musique de fond sympa qui devient quasi-apocalyptique et votre fifille est là, campée au mitant du plateau en couettes et socquettes. Volubile, surtout pas compléxée, elle raconte comme on raconterait à la maîtresse qui vous le demanderait gentiment pour l’édification de la classe, pourquoi on aime tant son papa-maman. Sauf que son papa à elle n’est surtout pas comme celui des autres : forcément il « soutient » des personnes ! et sa maman non plus : qu’elle en « entraîne » d’autres ! et c’est pas à la maîtresse qu’elle raconte tout ça, ni même à nous … On ne vous dira pas à qui elle s’adresse, ça bousillerait presque tout, et ça ficherait en l’air le reste. La gamine qui couchait dans un placard et zyeutait ses parents pour faire ses apprentissages, puis matait le deuxième homme de sa mère, une fois le premier dézingué est devenue une nénette avec des « monstrues ». On note au passage que le mot propre n’est pas toujours son arme préférée ; que côté pataquès elle est douée ; et surtout qu’il y a le pistolet à Tonton, lequel… On essaie de reprendre et de la suivre, on ne peut pas, elle a déjà tâté de la copulation et liquidé deux maris. Cela finit toujours par du sang sur le tapis et ses commentaires s’assortissent de récriminations du genre : « on n’a pas le droit de faire ça à… » la suite étant « …des enfants », voire « …des personnes âgées ». Avec elle on n’est sûr de rien, sauf qu’elle déteste les chauves, et qu’elle ne s’embarasse pas des gens qui font des parties de cache-cache avec la vérité. Entre ce qu’elle dit quand elle semble sincère, ce qu’elle fait mine de ne pas comprendre quand elle le dit, ce qu’elle avoue quand on ne s’y attend surtout pas, la rouerie du personnage et sa logique interne en enverraientt plus d’un au fameux tapis, voir ci-dessus. Le texte de Gérald Gruhn est un marathon rigolo, de quoi vous défouler grave, son personnage, calamité qui ne s’appelle pas forcément Jane, aligne des répliques faussement ingénues à la Zazie mais vraiment assassines Juliette Stevez l’investit avec une ardeur communicative. Josiane Pinson l’a mise en scène avec jubilation.
Aktéon Théâtre, jusqu’au 19 décembre, tous les lundis et mardis à 20h
Réservations : 01 43 38 74 62