24 novembre 2006

Un garçon impossible, de Petter S. Rosenlund

Chez ces sains et robustes Vikings la longévité fait hériter les jeunes et moins jeunes couples de grands parents verts, très présents. Avec eux les relations, si elles ont évolué depuis le temps de Srindberg, doivent tenir compte de l’ éducation religieuse reçue, à laquelle ils se réfèrent copieusement, même ou surtout s’ils ne suivent pas les préceptes inculqués. Le garçon impossible a huit ans et sa jeune mère a, elle aussi, un père dont rien au départ ne laisse présager la responsabilité de ce qui suit. On se demande si le mot responsabilité a ici un sens puisque chacun des personnages agit selon son inspiration, ses pulsions, et se fiche à long terme des conséquences de ses actes. Dans la salle de consultation d’un hôpital Cécilie, infirmière pulpeuse en blouse blanche laissant deviner qu’elle ne porte pas grand chose en dessous, et un médécin, Henrik s’envoient hardiment en l’air à la sauvette. Le praticien poursuit néanmoins sur son portable une conversation dégoulinante de mièvrerie avec son épouse. Débarquent Jim jeune garçon dans un fauteuil roulant et sa mère Sylvia autre blonde. Elle déclare être dépassée par le comportement autiste de son fiston, que l’auteur fait jouer par un adulte. Jim n’entend que ceux qu’il veut, quand il veut, mais va vite jeter son dévolu sur Cécilie, l’ amant une fois retourné au bloc. Lui demandant de raconter la fin d’un conte , il lui fait une cour explicite. Perturbée car Henrik ne comble pas ses aspirations l’infirmière entre dans le jeu. Mal lui en prend. Enhardi et émoustillé par la révélation que son père n’est autre que le médecin qui a engrossé sa mère entre deux portes, Jim se met à régler ses comptes. Sortant un coutelas il les trucide tous. A moitié morts, ils se relèvent pour philosophouiller et accuser la société de tous les maux. L’un d’eux prêche l’urgence où nous sommes de nous mettre « au service de la protection de l’enfance ». Quant au grand-père Oddvar à qui on ne demandait rien, il avoue être l’assassin de son épouse, mère de Sylvia et grand-mère de Jim. De répétitions en leitmotivs finissant par ne rien vouloir dire l’absurdité et la férocité de Petter S. Rosenlund engendrent une catharsis vengeresse. Même si le comédien dans le rôle du grand père force la note et nous impose souvent un premier degré , le reste de la distribution est redoutablement efficace, et le tout est enlevé avec brio
L’Etoile du Nord jusqu’au 23 décembre, du mardi au vendredi à 20h30, samedi à 16 h et 19h30. Réservations : 01 42 26 47 47