26 décembre 2006

Chevallier et Laspalès, La Rentrée des sketches

Il y a vingt ans vous achetiez pour vos enfants des cassettes de contes de fées pour constater très vite qu’ils ré-écoutaient toujours la même. A cette époque, parce qu’ils avaient « envie de ne pas attendre pendant cinq ans après la sortie du cours pour décrocher un rôle » dixit Laspalès, son camarade et lui-même étaient devenus duettistes. Ils prenaient le chemin de traverse qui allait les faire rencontrer leur premier public. Ce sont leurs sketches en DVD que vous vous repassez quand vous avez besoin d’une bouffée d’humour.Vous connaissez certains textes par cœur, mais les revoir sur une scène vous fera plus de bien qu’à eux d’être face à des caméras. Le petitécran court-circuite les ondes émises par les comédiens et les gros plans sur les visages stérilisent tout . D’où naît l’impression d’un certain cabotinage alors que face à des spectateurs de chair et d’os la magie opère. Pour ces deux-là, à l’inverse de tant de leurs congénères, pas besoin de se contorsionner ou de donner dans le scabreux pour faire se tordre la salle. Sur l’immense plateau de l’Olympia, dans leurs costumes noirs aimablement ringards ils sont fidèles à la complémentarité de leurs personnages. Laspalès vrai bourru, faux buté à peine hirsute et son sourire d’après la rosserie qui vient de faire mouche. Chevallier en Monsieur Loyal qui se démène, lui sert la soupe, tire aussi un brin la couverture à soi, sachant que le partenaire lui clouera le bec. Avec imitations de vieux schnocks ou de personnages pipeulle en prime. On revient au bon temps d’un café-théâtre sans autre arrière-pensée que de railler les travers des beaufs, chauvins, et ahuris dépassés, volontairement ou pas, par les évênements et l’époque. « Nous sommes nous-mêmes nos propres cibles » dit Chevallier. Le spectacle est composé à 80% de nouveaux sketches où nos farceurs tirent pratiquement sur tout ce qui bouge et ça fait tilt sans jamais être de mauvais aloi. Le Ministère de la Culture en prend bien pour son grade, quand il faut 24 personnes dans un théâtre subventionné pour balayer le plateau…Les mots, les chiffres s’affolent, se bousculent, une frénésie s’en empare. Les parodies et les confrontations se font sur un mode burlesque que n’aurait pas renié Raymond Devos. Le public est parfois pris de cours. Nos chenapans enchaînent sur un ancien sketch, Laspalès offrant en prime finale le fameux Voyage à Pau. Casquetté tel un contrôleur SNCF, il brandit un tampon avec lequel il oblitère en rafales. La salle trépigne en écho.
La Rentrée des sketches est actuellement en tournée en France, guettez la. Elle sera de nouveau à l’Olympia du 11 au 15 avril, soyez-y.