28 février 2006

L'espèce humaine, de Robert Antelme


L’espace est quasiment nu, au jardin une table, simple planche sur des tréteaux, des cahiers posés dessus, des chaises pliantes autour. Trois hommes en costumes actuels, se concertent. « Buchenvald… » Le récit sera pris en relais par chacun d’entre eux, il deviendra soit l’auteur évoquant sa captivité, soit tel ou tel de ses camarades du camp où ils sont sous la schlague de kapos qui sont des détenus de droit commun, criminels ou assassins, eux-mêmes sous le commandement des S.S. « Sans cesse niés » les prisonniers sont encore là et survivent, entretenant avec leur mort annoncée un rapport que l’auteur dit avec lucidité, tandis qu’il réaffirme l’identité et la valeur de l’espèce humaine. Claude Viala a choisi de porter à la scène la première partie de l’ouvrage de Robert Antelme. L’interprétation sobre et une certaine intériorité qu’elle a suggérées à ses comédiens (tous trois très différents mais également excellents, et comme pris en relais au piano par des phrases mélodiques), les déplacements symétriques ou pas, une occupation de l’espace qui laisse au spectateur sa liberté d’imaginer, tout rend tolérable l’absurde ou l’insoutenable. Soit des épisodes où la soupe est devenue symbole d’injustice, parce qu’insipide pour les premiers de la queue, elle est consistante pour les derniers arrivés, et où la taille du morceau de pain qu’il faut ménager, ou qu’on vous fauche, semble être le premier et le dernier horizon de ces hommes. Certains ont le corps qui pourrit, ou se font arracher leurs dents en or, revendues pour du rab. Mais l’essentiel c’est de proclamer qu’on continue le combat côte à côte, de s’en persuader tous les jours, même si « la solidarité même était devenue individuelle ». « La France était libre, mais la guerre continuait ». Un dimanche Antelme et ses compagnons se réunissent pour partager un poème: « Heureux qui comme Ulysse… », chantent « Sur les fortifs », ou « Le temps des cerises ». Et puis le canon tonne aux portes du camp.« Bamm ! Bamm ! » devient synonyme d’une liberation probable, proche. Aucun pathos dans ce spectacle rigoureux, charpenté par la langue incisive, vibrante de Robert Antelme. Lui qui avoue que durant les premiers jours suivant son retour et celui de ses camarades: « A peine commencions-nous à raconter, que nous suffoquions », et qui, en 1947, dédia son livre « à ma sœur, Marie-Louise, déportée, morte en Allemagne ».

Mise en scène: Claude Viala, avec Geoffroy, Alain Enjary, Hervé Laudière,
musique originale : Christian Roux.
Théâtre de l’Opprimé, du 15 mars au 15 avril 2006
du mercredi au samedi à 20h30, dimanche à 17h , téléphone : 01 43 40 44 44

26 février 2006

Le projet H.L.A., de Nicolas Fretel


L’auteur vous renseigne: « Chacun de nous possède un code à six lettres et 6 chiffres. Cet H.L.A. (Human Leucocyte Antigen) sert à vérifier les compatibilités en cas de greffe, il symbolise la destinée tragique que se transmettent les trois membres d’une cellule familiale malade ». Nicolas Fretel dit avoir, d’emblée, confié son projet à Denis Lavant et à Razerka Ben Sadia-Lavant, dont la rencontre a présidé à l’écriture et la création de ses premières pièces. Il n’insinue pas que s’il avait confié son texte à qui que ce soit d’autre pour le jeu et la mise en scène, ou que si l’on se contentait de lire la pièce, on risquerait de passer à côté d’une bouffée délirante d'un théâtre qui dégaîne plus vite que l’ombre glauque, côté pile, d’un Docteur Freud, question rapports papa-maman-fiston et de celle démesurée, côté-face, de Mister Jarry pour père-et-mère Ubu. Vous n’auriez pas pu envisager un décor plombé par un aquarium géant avec poissons idoines, alimenté par une perfusion pour opérés, et dans lequel le fils, qui siffle toutes les bouteilles qu’il rencontre, plus d’autres, a déversé les cendres de son géniteur, pour pouvoir cracher dessus ensuite. Vous n’auriez pas suscité une choriste sexy, sur une mini-scène, au jardin, ondulant pour ensuite effectuer des escalades, accrochée aux barreaux à l’arrière-plan. Vous n’auriez pas, non plus, décidé que le père, qui hante sa femme et son fils, lesquels l’ont supprimé, ou le supprimeront, reviendrait grimé à en devenir fantômatique, mais boosté par des connotations vaudevillesques et arborant des dentelles au col et aux poignets de sa chemise. Vous n’auriez pas eu l’idée de convier deux musiciens faussement sages mais machiavéliques, à la cour. Vous ne seriez pas dans l’univers que Denis trépidant, inquiétant, autant que délicieux affreux jojo et ses camarades peuplent à coup de gambades, pitreries suggestives ou métaphysiques, avec une trouvaille de mise en scène à la minute, musiques techno et éclairages stroboscopiques au final. Vous auriez raté le spectacle le plus inventif et le plus réjouissant de ce début d’année.

Avec Elise Carrière: la mère, Françoise Guiol: la choriste, Jean-Pierre Léonardini: le père, et Denis Lavant: le fils.
Petit Théâtre de la Colline, jusqu’au 26 mars, du mercredi au samedi à 21 heures, mardi à 19 heures, dimanche à 16 heures.
Téléphone: 01 44 62 52 52.

Pygmalion, de George-Bernard Shaw


Higgins, personnage central de la pièce, est un spécialiste de cette phonétique qui a fasciné les universitaires à qui elle a permis de transcrire la hauteur et la longueur des sons, les accentuations et les intonations susceptibles de trahir, plus vite que ses manières, le niveau social d’un individu. Facteur de discrimination, s’il en fut. Eliza, vendeuse de fleurs sur les marches du théâtre de Covent Garden est une cockney qui met à mal la langue des bons quartiers et manie un argot imagé. Claude-André Puget, l’adaptateur, a fait de son Higgins un redresseur de fautes de langage et de grammaire, non pas d’accents locaux. La transposition fonctionne. Mais comment une femme aussi suave que Madame-Mère Higgins (Danièle Lebrun), a-t-elle pu mettre au monde un individu aussi hypocondriaque, adolescent-mal-prolongé, machiste parfaitement inconséquent, que celui que nous propose Nicolas Vaude? Barbara Schulz, Eliza, est estomaquante. De pétulante, gesticulante, cocasse, gaffeuse, elle devient sobre, élégantissime, puis digne, façon héroïne de pièce classique. Elle avait demander à Higgins qu’il la transforme, ne sachant ni vraiment en quoi ni pourquoi, cette petite faille justifira peut-être la fin. Notre Guitry ne stigmatisera pas la complexité des rapports entre hommes et femmes avec autant d’humour, de cynisme ou de brio que le fait l’auteur irlandais. Lumières, costumes, mise en scène et décors raffinés avec effets et transformations, l’ensemble est un ravissement, et les douze comédiens tous à citer. Merci à Odile Mallet pour ce rôle modeste mais désopilant d’impeccable gouvernante au service du professeur, mais qui n’en pense pas moins et donne le ton dès le départ.

Mise en scène de Nicolas Briançon, avec Barbara Schulz, Nicolas Vaude, Danièle Lebrun, Henri Courseaux.
Théâtre Comédia, du mardi au vendredi à 20h30, samedi à 21h, matinée samedi et dimanche à 17h30. Téléphone 01 42 38 22 22

24 février 2006

L'Odyssée d'Homère, traduction de Ph.Jaccottet


Il fallait que le climat d’épopée s’instaure lentement. Un homme en sweat-shirt et pantalon de toile, à la carrure de rugbyman est à l’avant-scène, dans la pénombre. Il boit de l’eau dans une coupe rudimentaire, un feu modeste brille. « Ô muse… ». Sa voix est naturellement puissante, et les musiciens installés sous les cintres, encore invisibles, cordes, percussions et claviers, jouent des airs propitiatoires, rythmés dont on ne cherche pas à discerner l’origine. D’emblée on est dans la légende. Une démesure initiatique cueille progressivement le public. On se souvient: Ulysse erre, manipulé par des divinités tutélaires ou inamicales, et devient à son tour manipulateur pour cyclopes ou se laisse berner ou séduire par déesses, sirènes, et nymphes. Ayant perdu tous ses compagnons de guerre, ses navires, ses radeaux, il est ballotté presque jusqu’en vue de son Ithaque natale. Dans la deuxième partie du spectacle, ce sont ses retrouvailles avec Pénélope, abasourdissantes de tendresse, une fois levés les doutes et les derniers obstacles à la joie. A chaque épisode le récitant et héros gagne en stature, sa voix est amplifiée, modifée, par toutes sortes de techniques, le décor résolûment symbolique s’anime. Des rideaux légers se lèvent, s’affaissent, des lumières tourbillonnent, virent d’une couleur violente à une autre, des bâches se gonflent pour devenir des vagues, des fumées envahissent le plateau. Rien dans ce spectacle de trois heures et demie n’est gratuit, tout y est maîtrisé, sous l’autorité de Stéphane Fiévet, seul en scène. Economie de gestes, présence rassurante, mais énergie captivante, il respecte parfaitement la traduction de Philippe Jaccottet, ses rythmes, magnifie le choix de ses mots, et porte tout à bout de bras. Epaulé par ses camarades musiciens et toute l’équipe, il nous propose ni un tour de force, ni un simple défi, mais un spectacle ingénieux, de qualité.

Avec Stéphane Fiévet: jeu, Tao Ravao: musique originale et Jean-Emile Biayenda, Hubert Le Tersec et Tao Ravao aux percussions, claviers et cordes.
Théâtre Molière-Maison de la Poésie, du 22 février au 26 mars, du mercredi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h. Téléphone : 01 44 54 53 00

22 février 2006

Maldoror, d'après Lautréamont


Le choix des passages pris parmi les soixante strophes et l’« adaptation » de ce collage de textes, dont on sait que certains furent pompés dans des encyclopédies et à peine recyclés par Isidore Ducasse, met mal à l’aise, malmène. Pour ses comédiens: Thibaut Corrion, Clémentine Marmey et Clémentine Pons, Jean-François Mariotti a voulu un montage des passages, dont la plupart sont scabreux, forcément révulsants. Le personnage qu’on découvre au début, est affligé d'un énorme masque de tête de mort, grimaçant et plus malsain qu’hideux. Tout le reste est à l’avenant. Sur fond de musiques sympathiques au piano, seule chose esthétique du spectacle, les comédiennes, brune ou blonde, robes et bottes noires, sont des espèces de goules, de Barbarella, aux lèvres quasi-botoxées, personnages de BD monstrueuses, bavant, aux voix parfois mal placées. Elles disent leur texte presque automatiquement. (Peut-être est-ce seulement dû à l'effet " premières"?) Des coups de tonnerre ponctuent certains épisodes. Le comédien a des boucles de cheveux genre peroxydés de héros pasolinien, des moues vaguement hallucinées, il débite ses phrases sur une seule note. Il entr’ouvre son veston rouge, sale, pour exhiber son torse, va au tapis un temps, se relève, on ne sait pas pourquoi, et c’est la fin. Provocation pure, ce Maldoror maladroit (nous n'irons pas jusqu'à malodorant, ce serait malséant) risque de trouver un public complaisant ou émoustillé, qui passera peut-être à côté de l’écrivain, écorché plus vif que vif, mais dont les remises en question de la littérature de son temps comptèrent. Relisez-le plutôt, relisez-le quand même. Sans rancune la compagnie... Celle qui propose la soirée, s'intitule l'Héautontimorouménos, soit, si nos souvenirs sont exacts: "Le bourreau de soi-même".

Théâtre Les Déchargeurs, du mardi au samedi à 20 heures, téléphone: 08 92 70 12
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21 février 2006

Les errants, de Côme de Bellescize


La pièce est née de l’épisode où ces hommes venus d’Europe ou d’ailleurs, voulant rallier la Grande Bretagne, terre promise pour pariah sans emploi, se sont retrouvés parqués à Sangatte, no-man’s land, antichambre d’un mini-enfer dont ils ne savaient pas qu’il faudrait abandonner tout espoir en y entrant. La démarche de l’auteur et de la Compagnie du Fracas est plus complexe, bien sûr. On remonte le cours du temps, réaborde les mythes, rallie la Grèce antique, y salue un certain Enée, entre autres. Sur scène, les comédiens devenus figurants, en noir, font évoluer le décor, virevolter un paravent translucide qui déterminera des espaces dans l’espace, deviendra cabine, cage, chambre. Ils apportent un lit de camp, un poêle, équation de l’hébergement indigent fourni à ces candidats-migrants en costumes rapiécés. Ils déploient un immense drap blanc qui divise le plateau, symbolisant barrière ou enfermement. Elise, tendre jeune femme, peut-être fragile, veut que la justice les aide à matérialiser leur rêve. Une banquière, flanquée de son indispensable collaboratrice confirme que le monde des affaires est l’ennemi numéro un de tous : « La banque est une salope. » Des comédiens grimés en lépreux, disent ce qu’exclus, eux aussi, ils ont sur le cœur. Plus des clowns sur leurs poubelles beckettiennes, et tous les candidats à la traversée en quête d’auteur. La tendre Elise a amorcé une romance avec l’un d’eux: « Tu as ouvert cet asile pour m’y attendre », se persuade-t-il. Ce qu’il adviendra de cet idylle sera peut-être pathétique. De tableaux en épisodes, sur le plateau ça déménage. Quelques scènes hâtives, érotiques, torrides. On amène un blessé, il a tenté sa chance dans ce tunnel qui demeure le passage mythique vers un au-delà qui les hante. « Je ne pars pas, » dit un autre personnage, « je continue ». Evoque-t-il le périple, notre errance, inéluctable, salutaire. La fresque multi-facettes se permet des facéties : « vous voulez une aspirine ? » bouffée dérisoire adressée aux personnages en crise, désamorce tout. Et ça repart. « Je pars seul ». Qui le dit et pourquoi ? Un motif mélodieux, lancinant est repris par deux jeunes musiciennes à l’alto et au violoncelle. Spectacle foisonnant, les comédiens solidaires, unanimes, partie plus que prenante, y croient et nous font y croire.

Par le Théâtre du Fracas. (Prix Paris Jeunes Talents 2005 décerné par la Mairie de Paris.) Au Festival d’Avignon, du 6 au 30 juillet. Pour les dates des prochaines représentations : téléphone 08 70 29 28 94, ou www.theatredufracas.com

17 février 2006

Jacques le fataliste, d'après Denis Diderot


Le roman, c’est en majorité des dialogues de Jacques avec son ‘employeur’, plus de longues réflexions ou des commentaires de l’auteur, du genre: « Notez bien que… » Imaginez pour des gens de théâtre la joyeuse démangeaison d’en faire des didascalies et de mettre sur scène le fataliste face au maître. « Celui qui prendrait ce que j’écris pour la vérité serait peut-être moins dans l’erreur que celui qui le prendrait pour une fable » prévient Denis D. Le spectacle peut commencer, dans un décor suggérant un improbable bivouac où auraient atterri les deux compères, nomadisés temporairement par un conflit, une petite campagne militaire ou pas, dont la finalité n’est pas explicite. La situation donne toute latitude au décorateur d’encombrer l’espace d’objets: coffre quasi-d’époque, selle à l’arrière-plan, lampes-genre-tempête, longue-vue, pistolets pour faire pan-pan quand un méchant est dans la coulisse, parce que les ennemis, ça existe, mais aussi paillasse pour le domestique et marmite en cuivre dont il extraira des nourritures roboratives. Ils s'en gobergeront, lui et ce maître auquel il est « tendrement attaché ». Lequel re-demande à Jacques de lui re-raconter ses amours, mais, attention, rien de salace, on est entre êtres philosophant. Ca repart, Jacques arpente la scène, éructe, s’ébroue face à son maître aux manières poudrées. Lequel, à son tour, finira par évoquer ses propres amours, plutôt piètres. Le soi-disant fataliste (tout étant prétendûment écrit là-haut) est en fait un pragmatiste opportuniste, qui fera en douce larmoyer son patron, pour lui faire admettre que certains maîtres n’auraient pas été dignes d’être valets. Truculence, empathie, énergie et le souci constant de porter un texte qui fuse et emberlificoterait quiconque ne serait pas sur ses gardes, Jean-Daniel Laval est un gigantesque Jacques. Jean-Paul Tribout est son maître phlegmatique, à la moustache et à l’autorité souriantes, comprenez redoutables.

Adaptation et mise en scène: Jean-Daniel Laval, jeu:Jean-Daniel Laval, Jean-Paul Tribout.
Théâtre de la Huchette, du lundi au vendredi à 21 heures, matinée samedi à 15h30.
Téléphone : 01 43 26 38 99

16 février 2006

Grain de sable, de et par Isabelle Janier

La lumière monte, une jeune et très jolie dame est assise sur la banquette rouge à l’arrière-plan. Elle a une robe du même rouge, des collants noirs sur ses jambes impeccables et des élégantes jolies chaussures vernies à talons, noires aussi. Frémissement d’une musique au piano. Un tulle isole à peine la scène de la salle. Et elle parle, évoquant d’abord les religieuses qui, à douze ans, ne lui ont pas permis d’être la Vierge Marie de la pièce qu’elles montaient dans son école. Alors Isabelle, enfant capricieuse mais têtue décide que, plus tard, elle tiendra tous les autres rôles. Elle sera comédienne, c’est-à-dire passeuse de moments et de textes irremplaçables, et le métier acquis grâce au travail imposé par un maître exigeant la tiendra, la maintiendra à bout de bras (Dieu sait si ses bras sont gracieux et ses mains expressives) le jour où ses jambes se refuseront à elle, forfaiture pour cause de mal dont on lui répète qu’il est inguérissable. Un homme est entré, à pas mesurés. Solide, barbe et cheveux blonds, il pourrait avoir été portraituré par Rubens, mais son sourire est ineffable. A l’instar des danseurs qui soulèvent et portent leurs ballerines, il la prend dans ses bras, la transporte, comme on le fait d’une enfant. Puis le récit énonce les petits divorces passagers entre sa tête et son corps, dont elle sent et sait, pourtant, qu’ils sont inentamables, parce qu’elle le veut ainsi. Réparties aussi drues que pertinentes, son sens des limites égale celui de l’absence de limites. Le tulle du début a été évacué, le sourire accroché aux pommettes radieuses d’Isabelle transite par des presque-rictus, où le souvenir de la douleur affleure. Elle dit sa grossesse, lorsque rejointe par la maladie, elle va donner la vie, les médecins doctes ou comme absents, leurs traitements plus ou moins efficaces, les globules blancs en vacances, qui réapparaissent, on ne sait pourquoi. Et encore l’amour des choses de la vie, telle quelle, et puis l’amour de lui, ce Toi à qui elle s’adresse avec ardeur et confiance. Elle est toujours aussi drôle et incisive. Son partenaire l’enlace encore, la soulève, la mène de chaise en tabouret ou en coussin, et finit par la poser debout, bien calée contre lui, avec la même infinie tendresse. Isabelle, cette poupée si charnelle, qui refuse d’être cabossée, lève les yeux vers lui. Il la regarde avec adoration. Nouvelles petites chorégraphies en manière de saluts. Isabelle qui parle et Gilles le muet sont si vrais et si dérangeants, si vraiment dérangeants, que les spectateurs, la scène vide, se retournent les uns vers les autres, se sourient, timidement ou pas, se parlent, rang du dessus à rang du dessous. Parce qu’il vient de se passer quelque chose de rare. Merci Isabelle, merci Gilles. Merci à Gérald Chatelain pour la mise en scène, merci à toute son équipe.

Petit Hébertot, jusqu’au 29 avril. Avec Isabelle Janier et Gilles Guelblum
Du mardi au samedi à 19 heures, jusqu’au 29 avril. Téléphone : 01 43 87 23 23
(Le texte de Grain de sable, édité par Les Editions de l’Amandier/ Théâtre est disponible au théâtre.)

13 février 2006

Alex Legrand, de Nathalie Fillion

Vraie situation de théâtre avec pour prologue ce monologue à relents hamletiens, où l’anti-héros dit son mal-être, ses vagues nostalgies et appréhensions, le tout avec inclusions d’alexandrins qui ne sont pas forcément de sa façon. Musiques tonitruantes. Le personnage en petite tenue affiche son hyper-activité, débite son texte à la mitraillette, saute et tressaute sur le grand lit barbare à barreaux qui meuble quasi-exclusivement la scène et dont on ne trouve de prototypes que dans les hôpitaux. Donc cet Alex Legrand, fils d’Alexandre Legrand, monsieur respectablissime et d’Alexandra Legrand, son épouse, un brin plus accessible, est l’amoureux d’Annabel (cf. Annabel Lee, poème de… l’auteur truffe régulièrement son discours de citations intempestives) qu’il doit ou veut présenter à ses parents. Mais il a commis un ouvrage-confession, tiré à trois cents exemplaires, lequel a bénéficié d’une critique à la hauteur de son propos, qui est de flinguer son père, merci Monsieur Freud, et sa mère, merci Monsieur Œdipe. Tout, bien sûr, est plus compliqué. Jonathan, voisin-du-dessus débarque, dit ce que son voisin du bas ne dirait pas. Même combat. Les parents d’Alex surgissent d’un placard où une Fin de partie à la Beckett les a relégués, à défaut de poubelle. Imaginez la suite. Ca fonctionnerait peut-être si les jongleries verbales, jeux de mots et autres trucages rimant avec une certaine esbrouffe, dont l’auteur se gargarise, n’enterraient pas son propos. Agitez ça là, on va tenter de le trier. Sans succès, la logorrhée qui s’est installée vrombira. Cependant que les comédiens, efficaces, défendent leur texte avec conviction, tant ils croient à un cadeau. Si le personnage d’Alex avait été confié à quelqu’un de plus jeune, on aurait peut-être adhéré à sa folie adolescente et compris que la fantasque mais charmante Annabel ait envie de lui dire: « N’aie pas peur ». Et si des « cacophonies triomphantes et des inanités sacralisées » selon la formule d’Obaldia, ne desservaient pas ce qui, à partir d’une vraie-bonne idée drôlatique, débouche sur une vraie-fausse bonne pièce, on aurait aimé, enfin apprécié, qui sait ? Question subsidiaire: auront-ils fini par prendre le thé ?

Texte et mise en scène de Nathalie Fillion, avec Sylvain Creuzevault, Chantal Deruaz , Philippe Frécon, Juliette Steimer, Hervé van der Meulen.
Le Lucernaire, du mardi au samedi à 21h30, dimanche: 18h30
téléphone:01 45 44 57 34

12 février 2006

La Mouette, d'Anton Tchekhov


Stanislawski a dit de Tchekhov: « De la vie du théâtre, il aimait aussi bien l’envers que l’endroit ». Le metteur en scène tricote l’un avec l’autre. L’estrade, installée face au lac par Treplev, où Nina-la-mouette va dire un monologue déchirant, prophétique, y demeurera plantée durant les quatre actes. Au besoin, la toile de fond-rideau masquera une partie de la petite société dont s’entoure Arkadina, génitrice du jeune auteur, actrice coqueluche d’écrivains pour vaudevilles, entre autres, venue faire son show en privé dans sa ‘campagne’. Théâtre dans le théâtre. Sur scène les comédiens se figent quand interviennent les épisodes à deux personnages. Les lumières les réveillent, ils s’animent, dansent, et chantent. Ils se bercent seuls, ou à plusieurs, dans des hamacs et des balançoires style macramé, au travers desquels on voit ce qui pourrait demeurer caché. Tentations d’envol, effusions, élans érotiques. Chaque personnage brûle, en secret ou pas, pour la personne qu’il ne faut pas, ou qui en aime une autre. Chamraëv, régisseur de la propriété, joue de la guitare, inlassablement, restituant à la Mouette sa musique intérieure, sans laquelle elle ne serait qu’un intermède coincé entre une réalité plus amère que douce et une autre, tellement accessible qu’elle en deviendrait fade. Quelle est l’origine de l’inspiration, du talent, et de la relation avec le langage, qui font d’un écrivain potentiel un écrivain vrai, et ont effleuré Trigorine pour perturber Treplev en permanence, jusqu’à le détruire plus sûrement que la faillite de son amour pour Nina? Et le succès ? Bonne question, en ce début de siècle. La première de la Mouette à Petersbourg devant un public hasardeux fut un échec. Tanase fait de Denis Barré un Treplev désarmé dès le début, on sent qu’il ne remontera jamais la pente. Trigorine, singulier David Legras, devient une manière de casuiste, qui, interviewé, se prend les pieds dans son discours limite anecdotique, mais brillant, sachant que son magnétisme de personnage à facettes fera le reste. Iona Craciunescu est une des plus gracieuses Arkadina qu’il nous ait été donné de voir. Bellissime, tonique, avec son accent à la Popesco, elle vampirise. Nina, Caroline Verdu, a un visage d’enfant, une présence claire et une voix d’ingénue qui font peur, tant on la sent en danger au milieu de ceux qu’elle côtoie et qui, plus ou moins désabusés, ont fini par se ressembler, sur ce plateau encombré. Mais l’espace inondé de lumières blondes ou soudain éblouissantes est beau. L’étoffe, la texture des costumes, du hamac ajouré qu’on décroche, raccroche ou enroule, symboliquement, au fil des départs et des faux départs, séduisent. « On ne peut pas se passer de théâtre» constate le vieux Sorine, frère d’Arkadina. Surtout pas de celui de Tchekhov, traduit, apprivoisé, re-proposé par l’écrivain reconnu et aimé qu’est Virgil Tanase. Même si…

Traduction et mise en scène de Virgil Tanase, avec Pierre Azéma, Denis Barré, Christine Bellier, Albert Bourgoin, Ioana Craciunescu, Margaux Delafon, David Legras, Marc Adel, Luc Sonzogni, Caroline Verdu.
Théâtre Mouffetard, jusqu’au 11 mars, du mardi au samedi à 21 heures, dimanche à 15 heures.
Téléphone : 01 43 31 11 99

09 février 2006

Mme Olive attitude, de et par Claudy Sarrouy


accompagnée par Julie Darnal au piano
au Théâtre de Nesle les lundis et mardis à 20h45
téléphone : 01 46 34 61 04 et 06 88 15 84 33

Il y a quelques dizaines d’années Claudy aurait été cataloguée petite bonne femme tordante. De ces années-là témoignent ses escarpins beiges-rosâtres, sans lesquels elle ne se sentirait probablement pas chez elle sur scène. Sa complice, Julie, parfaite au piano, a un faux-air de grande fille toute simple, une perruque moliéresque à boucles noires cascadantes, mais des yeux redoutables. D’ailleurs Mme Olive lui lance: « Je désquame, n’en fais pas trop, Julie ». Laquelle se vengera en solo. Spectacle de gags en confidences incongrues, de trouvailles langagières, dirait-on cuistrement, en pastiches d’expressions toutes faites: « Mon sang a fait un demi-tour », mais aussi: « Mon karma, c’est Castorama ». On sourit... Un costume infâme, du plus parfait mauvais goût avec accessoires grotesques, « pour mettre en valeur mes zones érogènes » et une coiffure hideuse. Mâmolive raconte les dames qu’elle a côtoyées au bureau, parce que, de même que Sylvie Joly fut avocate dans une vie quasiment antérieure, Claudy, c’est des années d’assistante sociale. Elle avait « des bouffées de compétences » et ses collègues, pour leurs congés, faisaient, qui une thalasso lascive, qui un pélé-Compostelle. Le travail, d’accord, et la vie dite privée ? Les bonshommes s’en ramassent plein le faciès. Ses relations avec la gent quasi-adverse sont plus ou moins explosives. « Etalonne bien conservée, en pré-ménopause », elle tombe sur des gars qui « font vieux », des « veufs-divorcés ». « Chéri, mets ton caoutchouc, sinon je… » Noir. Sa conclusion serait que « tout est bidon », sauf qu’elle n’est pas près de conclure, et que vous la retrouverez, pétaradante avec Julie, festival à elle seule, dans toutes sortes de cafés-théâtres, rive plus ou moins gauche. Côté décor, LOVE O LIVE, ce clin d’œil s’inscrit sur ce qui, dans ce délicieux lieu minuscule, fait office de toile de fond. Bref, un spectacle pour qui raffole de prestations légèrement « too much » faites par des dames intempestives qui braillent, rabâchent qu’elles ne sont « ni coconnes, ni bobonnes ». Ah bon !...

07 février 2006

Jeanne au bûcher, de Paul Claudel

Selon Claudel, le personnage central de cet oratorio dramatique « se rend compte du chemin qu’elle a parcouru », Jeanne « est une voix », « on ne peut pas faire parler Jeanne, on ne peut que la laisser parler ». Dans une robe couleur flamme, à demi-éclairée, les mains liées dans le dos, « attachée à son poteau qui représente la foi » elle est là, et ne descendra jamais les trois marches qui la ramèneraient sur le plateau, pour les épisodes rétrospectifs où elle aurait été parmi les siens. Les metteurs en scène l’y remplacent par son double en costume noir de garçon. C’est une des nombreuses inventions attachantes de ce spectacle, incluant des scènes muettes, comme celle où Jeanne reconnaît le Dauphin, dont un autre seigneur a pris la place et revêtu la couronne, ou celle encore où intervient le diable, comme dans les anciens mystères. Elles ne chargent pas la pièce, bien au contraire. Chants,musique d’époque ou pas, airs joués à la flûte éclairent, accompagnent, prolongent les tableaux. Des villageois et villageoises dansent, sortes de santons truculents, prompts à s’esbaudir, ou à s’émouvoir, se figer, percevant vaguement ce qu’il va advenir de la Pucelle, mais en résonnance avec elle. Entre des discours anathémisants en latin et des voix inquiétantes dans la nuit, juges, archevêques et autres nobles odieux auront glapi ou aboyé, ajoutant au fantastique et au grotesque voulus par le dramaturge. Avant que tout ait eu son cours, et que Jeanne la noire, elle aussi dans une robe couleur flamme, ait rejoint celle qui va au supplice, et posé sa tête sur son épaule, Jeanne aura été tendrement rappelée par une voix venue du ciel, et aura dit le triomphe de la joie, de l’amour et de Dieu qui est le plus fort.
Richesse et variété des musiques, des lumières, des costumes dont les couleurs évoquent les peintres de l’époque, utilisation habile de l’espace scénique, bonheur que manifeste la troupe qui y évolue, et sa confiance en la poésie si particulière de Claudel. Que pourrions-nous dire de plus pour vous recommander d’aller rencontrer cette Jeanne-ci ?

Adaptation dramatique et musicale: Nathalie et Jean-Dominique Hamel
Mise en scène: Nathalie Hamel et Jean-Pierre Müller.
ge), Céline Michoulier (Mère aux tonneaux), Jean-Pierre Müller (Frère Dominique), Hélène Renaud (Flûte).
Théâtre du Nord-Ouest, les 7, 8 10 12, 19, 23 février, et 1er, 4, 5 et 19 mars. Pour les horaires et les réservations téléphone : 01 47 70 32 75

05 février 2006

La révolte, de Villiers de l'Isle-Adam

La révolte, de Villiers de l’Isle-Adam,
mise en scène Jean-Marie Villégier et Jonathan Duverger

Cela s’appelle un parti pris de mise en scène. La pièce comporte trois scènes, plus une autre minuscule et muette, le tout tenant en une trentaine de petites pages. C’est ici une saga de deux heures où les silences qui séparent les répliques de l’homme de celles de la femme, d’intempestifs et de systématiques, deviennent insoutenables de pesanteur, parce que chargés, plus encore que menaçants. Années 1870, Félix et Elisabeth, époux depuis quatre ans et demi, récents parents, dans leur bureau fonctionnel,mais cossu, travaillent très tard aux écritures et comptes de la banque managée sans états d’âme par le mari. Il est épaulé par sa collaboratrice de femme qui, depuis leur mariage, arrangé, il est vrai, a fait montre de toutes les vertus domestiques, conjugales et familiales imaginables. Minuit, une voiture s’arrête sous leurs fenêtres, Elisabeth annonce qu’elle va la prendre pour s’en aller. Pour toujours. Comment se fait-il que trois auteurs quasiment contemporains: Flaubert, Ibsen et Villiers aient si bien dit que la femme vit, malgré elle, dans l’imaginaire pour mieux désespérer, rêve de mort pour mieux vivre, et combien l’homme la regarde, fasciné ou indifférent, impuissant mais sûr de lui, sûr aussi que tout est fait pour durer, car il n’espère rien. Le reste de cette Révolte est constitué par les explications-justifications qu’Elisabeth donnera à Felix. Il s’évanouira, pour se réveiller à son retour. Mais pourquoi revient-elle? La langue de l’Isle-Adam, véhémente, élégante, mordante, est redoutable, et d’une actualité totale. Emmanuel Guillon est un Felix égocentrique, conformiste, homme de son temps, qui choie les préjugés normaux à l’encontre de la gent féminine, forcément hystérique. Il est tellement impassiblement vrai, qu’il en devient odieux. Sandrine Bonjean est époustouflante de beauté et d’intelligence. Le décor est l’un des plus élégants qu’on ait vus en ce début de saison, les musiques superbes, quoique certaines soient des phases longuettes. Il se pourrait que la pièce soit un chef d’œuvre, et que si les bourgeois contemporains de l’auteur n’y ont rien compris, c’est qu’ils avaient autre chose à faire qu’à remettre en cause l’institution du mariage, sauf par l’exutoire du vaudeville. Mais accrochez-vous, si vous voulez sortir de l’Athénée non pas sonnés, mais plutôt ravis.
Athénée, jusqu’au 11 février, mardi à 19h, du mercredi au samedi à 20 h.
Tél: 01 53 05 19 19.

Madame Raymonde, de et par Denis d'Arcangelo

Madame Raymonde, de et par Denis d’Arcangelo
à l’accordéon: Sébastien Mesnil

Sur une chaise un jeune homme engisquetté tient dans ses bras un accordéon monumental. C’est le Zèbre: Sébastien Mesnil. Ineffable, un tantinet indéchiffrable, il accompagnera en douce la dame et chantera, seul ou avec elle, puis empoignera son instrument devenu bandonéon pour compositions style Astor Piazzola. Elle déboule, imposante, gracieuse, enjouée. Bandeau genre turban et boucles d’oreilles pour une Arletty des Monstres Sacrés, années Cocteau (revisitez vos sixties). Madame Raymonde arbore un sautoir de fausses perles, une robe courte mettant en valeur ses avant-bras de danseuse quasi-classique et le galbe de ses mollets. Escarpins à talons, aplomb d’un Cosaque du Don ou d’une danseuse de flamenco. Cette madame, peut-être mère universelle ou de rechange, dont la vie n’a pas été forcément un lit de roses, femme forte, ravageuse-née ou ravagée, qui n’a ni sa prunelle, ni son franc-parler dans son bref sac à main statutaire ressemble à Raymonde, mais où Denis l’a-t-il dénichée? Et Arletty, qu’il a rencontrée, que lui a-t-elle légué? Est-ce « l’âme épanouie » qu’évoque Christian Gilles, son biographe, ou un brin de cette « gouaillle de Paris, la distinction, la drôlerie et la tendresse, le rire et l’émotion » selon Marcel Carné. Selon les chansons montmartroises, pigalloises, mais avec incursions dans des univers plus âpres, tel celui de Kurt Weill (le Bal à Bilbao est un des très jolis moments du spectacle), Denis nous offre des pastiches et des parodies de textes ou de chansons utra-connus, voire rabachés. Cocasseries, surréalisteries, mais aussi poèmes simples et vrais signés Mac Orlan, Vian, Brassens, Leprest. Il les chante live, sans effets, comme s’il les inventait. Après avoir évoqué tant de femmes malmenées ou malmenantes, il décrète joliment: « Il y a des gens qui ont des problèmes autrement plus importants que les nôtres.». Message reçu cinq-cinq. Vous comprenez pourquoi on aime cette Raymonde-ci et ce Denis-là, tendrement qualifié d’insensé par la critique, qui, insolent, performant, désarme.
Vingtième Théâtre. Jusqu'au 26 février, du mercredi au samedi à 21h30,
et à 17h30 le dimanche.Téléphone: 01 43 66 01 13

02 février 2006

C'est comment là-haut? de Pétronille de Saint-Rapt

C'est comment là-haut ? de Pétronille de Saint-Rapt

Pétronille reprend une pièce de sa façon, classée variétés-shows dans les guides de spectacles, parce que c’est un monologue assorti de musique. Texte pétillant, parfaitement organisé et écrit comme en se jouant, c’est aussi un joli règlement de comptes pour le petit personnage qu’elle prétend être ou avoir été, lequel n’a ni ses yeux, ni sa langue dans sa poche et peut vitupérer, râler, se marrer, façon Zazie pour métros éventuels. Elle dit l’enfance jamais terminée, la mère excessive, le père disparu, et: « le bon Dieu qui joue aux boules et qu’a perdu son cochonnet ». On aime sa fascination, sa tendresse pour les mots justes, leur saveur, leur nécessité, leur hardiesse qu’elle nous re-propose. Comédienne pétulante, elle explose sur scène. Lumières, décor, musiques, costumes, effets choisis, mise en scène alerte, vous risquez d’adorer ce qui va au-delà d’un one-woman show, et puis « là-haut » il y a un monde bien souhaitable, bien fréquentable, n’est-ce pas ?
Théâtre du Marais, du mercredi au samedi à 20h30, dimanche à 16 heures.
téléphone: 01 53 28 15 08 et 06 77 06 96 81. Jusqu’au 5 mars.