28 avril 2007

Solinge, de Pia Divorka

avec Laurence Vielle
En novembre dernier dans une mis en scène de Claude Guerre à la Maison de la Poésie, Recréation du monde, ce texte de Laurence Vielle qu’elle servait si bien, nous avait ravi. La diplômée de philologie romane et comédienne-poète s’y révélait folâtre, elle y célébrait la vie, recensait tout ce qu’elle aime, les êtres qui la touchent. Ton imprévu, mode rapide et léger. Cette fois-ci, menant à bien un projet qu’elle avait formé avec Gilles Zaepffel, fondateur de cet Atelier du Plateau si différent des autres lieux de spectacle vivant de la capitale (et même d’ailleurs), elle nous convie à un texte plus sombre. Il est paradoxalement moins déroutant que le précédent ; il ressemble plus à une confession ou au journal intime d’une de ces femmes écrivains à l’imagination exaltée, rebelles autant qu’artistes que la case « viol » du parcours les a révélées à elles-mêmes . Toutes en revendiquent un, l’épisode peut avoir été fantasmé. Ici ce n’est pas le cas, nous dit Laurence Vielle devenue Pia Divoka et qui a entrepris de nous fasciner et ne nous lâche pas d’une demi-semelle . Rarement un monologue aura été conduit de façon si rigoureuse et si peu discoureuse. Et c’est une vraie prise de risques de la part de la comédienne, laquelle évolue sur des dalles légères plaquées sur un pseudo-gazon, qu’elle retourne pour évoquer le caché, ce non-dit que l’on doit déterrer pour faire mieux que survivre aujourd’hui . Des images plus ou moins interloquantes se projettent derrière elle sur une énorme paroi de mur blanc qui lui sert de page. Elle voudrait que le temps n’ait plus de contenu. Mais ce qu’elle nous restitue minutieusement, parfois somptueusement, se trouve en grand danger de devenir didactique, lassant, anecdotique, à la limite insignifiant, même si tout cela est parfaitement intelligent.
Atelier du Plateau, du mercredi au samedi à 20h30.
Réservations : 01 42 41 28 22