11 octobre 2007

Giacomo, l'enfant de la cité

de et avec Gilbert Ponte, adaptation et mise en scène Stéphane Aucante
Du théâtre utile !
Avec des lumières de Kosta Asmanis aussi justes que le jeu de l’acteur, que se passe-t-il, ici, en scène ? Un monde. Comme sur la photo de l’affiche, Gilbert Ponté fonce sur nous à la vitesse accrue de ses rêves, de son espoir, de sa foi en l’homme. Dix, vingt, trente personnages naissent de son histoire et de son jeu, pas à la façon des galeries de portraits à la mode, attendus ou convenus, vulgaires ou racoleurs. Ici, tout s’irise de la joviale harmonie discordante des hasards d’une vie vraie. Que le regard soit amical et tout vole, porte, donne. L’Italie, l’Est de la France, l’enfance, le politique, la nuit, les jeux d’enfants, la mort, les fêtes, la manne de l’observation sont tous matériaux d’un brasero joyeux. Vive ce théâtre ! Que rayonne de nouveau un théâtre qui donne envie de vivre mieux sa propre vie ! Est-ce à dire que la médiocrité, les petitesses, le mépris et leur banalité seraient passés à la trappe ? Non. Ponté n’est pas un faussaire comme ils pullulent de nos jours, dans l’art comme ailleurs. Aussi dru et vrai que son jeu, son texte possède et ravive le sens de l’équilibre. Bourrus, obtus, imbus, les patrons, les douaniers, tous les enfermés dans leur ego-prison, l’enfant Giacomo les voit et --- Chaplin a montré la voie --- sa souplesse se joue de leurs raideurs et rit de leur laideur. Nous ne connaissions, de nos jours, que Fellag pour dispenser en scène tant de liberté.
Qui n’a pas « connu l’exil à sa manière » s’abstienne, mais à tous ceux qui sont sensibles à la force du symbolisme et veulent changer la réalité, à tous ceux qui veulent voir en scène un train qui n’a rien coûté en décor et en accessoires mais qui secoue et fait voyager, le Théâtre XII offre une chance rare. Et heureux pour sa semaine qui a rencontré Monsieur Ferracioli.
Robert Bensimon
theatre.de.l.impossible@wanadoo.fr
P.S. : J’ajoute que je n’avais jamais aimé Bourvil avant ce Giacomo. Merci à la bande-son.

Théâtre XII, du mercredi au vendredi à 20h30, samedi à 19h30.