14 novembre 2007

Georges Dandin, de Molière

George Dandin ou le mari confondu, de Molière
Adapté par Etienne Malard, mise en scène : Gilbert Ponté
En ce début d’année 2007 Marcel Maréchal nous proposait au Théâtre 14 un Georges Dandin farcesque délocalisé et recyclé années trente. Il se démenait dans le personnage central, minaudant, ricanant, gloussant, philosophouillant, marmouillant, pour se résigner à l’infortune dont, ayant manqué du plus élémentaire bon sens et grisé par un rêve bêtasson d’ascension sociale, Dandin est plus qu’en partie responsable. Avec cette comédie Molière tend la perche aux comédiens qui endossant l’habit grotesque de l’être flouable à merci, à la fois clown blanc et Auguste, Guignol et Gnafron, brandissent cette pantalonnade pétaradante pour prendre leur revanche…mais sur quoi au juste ? Maréchal et sa bande nous ont fait rire et voilà que neuf mois plus tard ( incubation plutôt que gestation ) Gilbert Bonté nous consterne au Théâtre 12. Dans la pièce, père de cette Angélique qui cocufie allègrement son époux, il est Monsieur de Sottenville par écran interposé : son visage ainsi que celui de Madame de Sottenville apparaissant sur des postes de télévisions installés de part et d’autre de la scène. Ils y grimacent, voix caverneuses dégoulinantes de haine et de mépris ping-pongant et, commentant la descente aux enfers de leur abruti de gendre. Trois comédiens beaux, remarquablement polymorphes et superbement dirigés sur un rythme époustouflant et dans un décor parfaitement fonctionnel se répartissent tous les autres rôles. On serait tenté de leur faire une ovation à la fin de la représentation, si la démarche de Gilbert Ponté ne nous révulsait pas. Récapitulons. Selon lui on est censé avoir admis et peut-être compris que :
1) Le mariage est une institution monstrueusement monstrueuse…
2)…à la racine de tous les maux de l’univers…
3)…qui transforme un homme apparemment responsable en larve.
4) Que les aristos d’autrefois et peut-être même d’aujourd’hui ( il en reste donc, horreur !) sont une caste à laquelle n’ont jamais appartenu que des financiers véreux, manipulateurs, des super-salauds qui vendraient leur âme au plus offrant…
5)…sauf que d’âme ils n’en ont plus guère…
6)…vu qu’ils n’ont probablement jamais été dotés de quoi que ce soit qui y ressemble.
Stop !
On se demande ce que Molière fait dans une telle galère, ce super-mélo récupérateur, prétexte à des divagations inopérantes et morticoles. Mais on espère quand même que la compagnie Théâtre Alicante qui déclare se fixer pour objectif de « travailler à la mixité, à l’hybridation des formes artistiques et à la collaboration entre artistes de genres différents » nous offrira bientôt un spectacle capable de nous sortir du cauchemar qu’elle propose ici .
Théâtre 12 Maurice Ravel . A partir du 21 novembre et jusqu’au 5 janvier : du mercredi au samedi à 20h30. Et du 22 novembre au 14 décembre : les jeudis et vendredis à 14h30. Réservations : 01 44 75 60 31.