02 décembre 2007

La nuit de Valognes, d'Eric-Emmanuel Schmitt

Mise en scène : Régis Santon
C’est la première pièce d’un universitaire qui n’avait pas 30 ans quand son Don Juan s’est invité. Il se veut métaphysique, mais insatiable cherche à se définir selon une sexualité exploratrice destinée à mettre tout un chacun mal à l’aise. Et lui le premier. Il est question d’une sorte de procès fait à Don Juan par cinq de ses anciennes victimes, aristocrates d’âges divers ; elles exigent qu’il épouse sa dernière conquête pour se racheter. Mais le séducteur découvre qu’en fait il est plus attiré par le frère de cette Angélique. Succès immédiat, la pièce a été jouée et rejouée dans la foulée par toutes sortes de compagnies d’amateurs ou non. Mise au programme de certains lycées elle a fait plancher des ados. Dans une interview, Eric-Emmanuel Schmitt confie quelques année après sa création qu’il est conscient de ses défauts mais qu’il n’a pas retouché le texte. Il avoue en 1991: « je me suis rappelé le jeune homme de 29 ans que j’étais alors et qui avait écrit ce texte, il n’aurait sûrement pas supporté qu’ un auteur arrivé de 40 ans lui corrige sa pièce ». Cet aveu certainement sincère fait par un écrivain à la mode joué dans plus de 40 pays, traduit dans plus de 35 langues et collectionnant des records est touchant, mais que penser d’un "auteur arrivé" dont la pièce est l’œuvre de quelqu’un qui, avant tout, s’écoute écrire; son propos est ambitieux mais sa composition est déséquilibrée, son texte voluptueusement narcissique et filandreux, bavard et poudre aux yeux. En 2005 l’auteur à pourtant revu le troisième acte de ce qui nous est proposé. Peine perdue. La mise en scène, remarquable d’intelligence, comporte de très jolis tableaux; les comédiens et comédiennes sont excellents, mais cela ne sauve pas la pièce.
Théâtre Silvia Monfort, mercredi, jeudi à 19h, mardi, vendredi, samedi à 20h30, dimanche à 16h. Réservations : 01 56 08 33 88