03 décembre 2007

La petite sirène, d'après Andersen

La Petite Sirène
Paroles, musique et scénographie : Christian Schittenhelm
Chorégraphie et mise en scène : Sébastien Savin
Au Théâtre de Paris on est accueilli de façon charmante. Le spectacle qui s’y donne dans la grande salle est une comédie musicale déjantée qui scotchera vos gamins plutôt habitués à côtoyer tant d’autres sirènes potentiellement virtuelles sur leurs écrans quotidiens et qu’on pourrait imaginer hyper-blasés. Hourrah pour le spectacle vivant, même si les comédiens, danseurs, chanteurs et cascadeurs, tous plus ébouriffants et généreux les uns que les autres, ont le visage griffé par l’inévitable « brosse à dents » ce mini-micro, en sorte que submergés par des sons qui se chevauchent, nous autres, les vieux, basculons avec un peu de retard dans l’univers merveilleux du conte. Les gamins, eux, ont adhéré d’emblée. Au sommet d’une pyramide constituée par des cubes superposés, décor aussi sommaire qu’ingénieux, recadré par des lumières dérangeantes et suggérant un rocher, une effarante sorcière braille : c’est elle qui manigance tout. Le Roi de la mer, tendre père de Siréna, commente ce qui arrive à sa fille qui veut, par amour pour un prince sauvé du naufrage, devenir une simple mortelle et l’épouser. Les sirènes, ses compagnes clament qu’elles sont éternelles. La sorcière exauce le vœu de Siréna, mais lui coupe la langue, l’empêchant de chanter. Le prince ne la reconnaît plus, etc. Mais soyez rassurés, au terme d’un parcours semé d’épreuves ils se marieront. Andersen peut-il dormir tranquille? Suspense. Mais entre temps on aura eu droit à un spectacle total : une petite vingtaine de comédiens et de comédiennes jeunes et beaux chantent en chœur ou en solo et dansent épatamment selon des chorégraphies jubilatoires raffinées ou cocasses. Ils ressemblent tour à tour à des boys et des girls pour comédie musicale à la mode américaine, les filles deviennent des marquises en costumes grand-siècle mais leurs robes se terminent en minijupes. Il est difficilement envisageable de vous énumérer toutes les trouvailles de mise en scène et les gags à l’humour ébouriffant, le tout se succédant sur un rythme trépidant. Les sirènes au costumes avec queues de poissons scintillantes se hissent gracieusement jusqu’au haut de la pyramide, les danseurs cabriolent ou jouent les marins virils aux torses nus mais recouverts de paillettes. L’épisode du naufrage astucieusement organisé donne la chair de poule. La nature se déchaîne, les petites et grandes magies opèrent à donner un vertige communicatif. Mais le tout reste sagement pédagogique, la morale est sauve, les airs sont entraînants, leurs paroles simples. Ce conte musical à la scénographie fascinante est une performance, un rêve dont on sort forcément un peu sonné, mais le sourire aux lèvres.
Théâtre de Paris, chaque mercredi et samedi à 14h et 16h30 jusqu’au 22 décembre. Tous les jours aux mêmes horaires du 24 au 29 décembre et du 2 au 5 janvier.
Réservations : 01 48 74 25 37