13 février 2008

Neige d'été

Neige d’été, ‘œuvre’ de Céleste Florian et R.Alexandre de l’Ambre
Soit des co-auteurs dont la collaboration a donné naissance à cette‘œuvre’ plus lourde que lourde et qui tire son public à hue autant qu’à dia. Une femme très touchante est accusée à tort du meurtre par empoisonnement d’un homme de sa famille. Comment prouvera-t-elle son innocence ? C’est l’argument d’une pièce que répète une troupe de comédiens européens dans un contexte asiatique : un des personnages féminins-clés a son double en la personne d’une comédienne-chanteuse nipponne, soit Ayako Terauchi . Laquelle nous gratifie inlassablement de ses mélopées sans qu’aucune émotion ne nous atteigne puisque tout est si traditionnellement codé au pays du Mikado. Mais place au théâtre dans le théâtre : d’habitude la formule fonctionne. Sauf, qu’ici c’est un flop .Tout est redondant et au final on a droit à nouveau à la scène du meurtre, re-jouée par des comédiens masqués et revêtus de somptueux costumes japonais. On tourne en rond pendant deux longues heures. Ce spectacle est ‘politiquement poétique’, dixit le directeur de la fondation Beaumarchais qui, le patronnant, a permis qu’il soit monté à grands frais avec des décors se voulant grandioses mais qui sont lourdingues dans ce théâtre où le rideau grince à chaque fois qu’on l’ouvre… et les occasions en sont nombreuses : tous les noirs intempestifs présidant aux changements de décors . Le but des auteurs est , paraît-il, de montrer les similitudes et les divergences du monde occidental actuel d’avec le monde extrême oriental de toujours . C’est aussi de préparer Beijing 2008, tout en stigmatisant les dictatures, de manière politiquement archi-correcte. Au cours de ce méli-mélo on a droit au numéro horripilant d’un metteur en scène à l’accent russe prononcé, pétri de doutes, qui tente de se convaincre, et nous avec, qu’il fait bien son travail. Verbeux et incompétent, Il découvre tout à coup sa vérité ( ? ) et passe à la trappe. Irruption d’un personnage en casquette à l’allure soviétique. Il est ensuite question de condamner à la prison tous ceux qui s’adonnent à la méditation et ont adopté la zen attitude. Cependant le directeur de théâtre en costume strict avec gilet a remplacé le metteur en scène au pied levé. C’est le seul élément rigolo du spectacle : il est incapable de donner des indications à ses comédiens ! Moralité : la neige peut bien tomber en été , rendu là on s’en fiche . Cette ‘œuvre’ malencontreuse, ce fouillis prétentieux est à l’affiche du
Théâtre de Ménilmontant, du mardi au samedi à 20h 45, matinée le samedi et le dimanche à 16h. Réservations : 01 46 36 98 60